AU FIL DES HOMELIES

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RECONNAÎTRE EN JÉSUS L'ENVOYÉ DU PÈRE

Is 42, 1-7 ; Jn 8, 12-29

Lundi Saint – A

(21 mars 2005)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

I

ls ne comprirent pas qu'Il leur désignait le Père". Ce passage de l'évangile de Jean, semble être un véritable dialogue de sourd. Les pharisiens et les juifs dirent : "Mais où est-il ton Père ?" Bien sûr, ils pensent à un père comme quelqu'un de terrestre, un homme qui a donné et engendré un fils, éventuellement, ils ne seraient pas mécontents de connaître son père pour lui demander de s'occuper de son fils car il nous dérange !

Mais Jésus leur parle de son Père, qui n'est pas celui qu'ils peuvent saisir et comprendre, puisque son Père est Dieu. Qui pourrait saisir et comprendre Dieu ? Dieu, le Père, est-il insaisissable ? Ne peut-il accomplir l'ultime et véritable révélation de ce qu'Il est lui-même que dans le Fils ? Les juifs auraient pu au moins comprendre une chose de ce que leur disait Jésus : "Si vous ne croyez pas en moi, croyez au moins en celui qui m'a envoyé". Les juifs avaient depuis longtemps l'habitude et avaient même déterminé ce que pouvait être un "envoyé". Les prêtres et les prophètes, le roi lui-même, pouvaient être considérés comme un envoyé de Dieu. Israël a l'habitude depuis fort longtemps, comme le dira saint Paul, des ambassadeurs du Seigneur, de revoir celui qui témoigne. Il y a en effet une longue tradition de considération à l'égard de celui que l'on reconnaît comme l'envoyé de Dieu. Cela est si vrai que même cette notion d'envoyé était possible au regard d'une communauté, capable d'être représentée, dite et manifestée par l'envoyé. Recevoir l'envoyé, c'était comprendre, saisir celui qui envoyait. Aussi, toute action et toute parole de l'envoyé ne peut renvoyer qu'à celui qui envoie. C'est pourquoi Jésus parle du témoignage en disant : "Le Père témoigne pour moi". Pourquoi ? "Parce que c'est le Père qui m'a envoyé, je ne fais rien de moi-même". Je fais tout en fonction de celui que je manifeste et que je révèle.

Ainsi donc, les éléments étaient placés, pour que si l'on ne reconnaissait pas le Fils de Dieu, au moins on aurait pu reconnaître le Père, celui qui l'envoie. La lecture du prophète Isaïe devrait du coup, nous faire saisir la profondeur même de ce que fait Jésus. Le prophète Isaïe dit : "Voici mon serviteur, il n'ouvre pas la bouche, il n'élève pas la voix". Et c'est ainsi que ce qui est dit et ce qui est fait par l'envoyé est dit et fait par celui qui l'envoie. C'est Dieu qui n'ouvre pas la bouche, c'est Dieu qui n'élève pas la voix, Dieu qui est dans le Fils.

Que nous puissions reconnaître dans ce que la liturgie nous donne de vivre, que Jésus nous révèle la profondeur de ce mystère de Dieu, un mystère où Dieu a voulu être si proche de nous qu'il va jusqu'à ce que nous pouvons connaître de plus terrible, de plus fragile dans notre vie. C'est dans la fragilité même de son humanité que Dieu va révéler la profondeur de ce qu'Il est. Qu'aujourd'hui encore, ce que le Fils a vécu, Il nous appelle à notre tour à la vivre. Comme Il le dira dans le même évangile de Jean : "Je vous envoie comme le Père m'a envoyé". Autrement dit, c'est à nous aujourd'hui que cette mission est confiée. Par notre baptême nous sommes prêtres, prophètes et rois, c'est-à-dire nous-mêmes envoyés par Dieu pour manifester dans l'action, dans la parole reçue du Père, que le Fils nous a sauvés et que cela est désormais pour nous premiers bénéficiaires de ce salut, et pour tous les hommes à qui nous devons l'annoncer : une Bonne Nouvelle.

 

AMEN

 

 

 
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