AU FIL DES HOMELIES

Photos

LE CHRIST SERVITEUR SOUFFRANT ET GLORIFIÉ

Is 49, 1-6

(11 avril 2006)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

Lavaudieu : Christ roman 

I

l est question de gloire aussi bien dans le texte d’Isaïe que dans ce passage de l’évangile. Dans le deuxième chant du Serviteur, effectivement, Dieu dit au prophète : "C’est trop peu que tu sois pour moi un serviteur, pour relever les tribus de Jacob et ramener les survivants d’Israël. Je fais de toi la lumière des nations pour que mon salut atteigne aux extrémités de la terre". Ce passage n’est pas sans nous évoquer ce que dit la Constitution Lumen Gentium du Concile Vatican II sur l’Église - Lumen Gentium signifiant : lumière des peuples-. Il s’agit bien sûr du Christ. Parler ainsi de l’Église, c’est d’abord parler de celui qui est au cœur de l’Église, Jésus-Christ, d’une Église qui n’est pas repliée sur elle-même, d’une Église ouverte et sacrement universel du salut.

       Ce texte d’Isaïe est en effet principe d’universalité pour le Serviteur Souffrant : "Je fais de toi la lumière des nations pour que mon salut atteigne jusqu’aux extrémités de la terre". Pour ce Serviteur Souffrant, le Christ lui-même qui dit : "Une fois élevé de terre, j’attirerai tout à moi". Il me semble qu’il y a dans ce passage quelque chose de très consolant, car en somme, nous nous situons comme en opposition à ce monde, ou encore comme à l’extérieur, comme sur une bordure, ou un fil, ne voulant rien à voir avec ce monde que nous constatons en train de défaillir, comme peut-être reconnaissant une certaine dégénérescence, si ce n’est un crépuscule. Et pourtant, c’est ce monde, ce sont tous les hommes, ce sont toutes les nations qui doivent marcher à la lumière, qui doivent être attirées par le Christ. Je crois que profondément, c’est cela la glorification du Christ, ce n’est pas qu’Il ressuscite, comme s’il s’agissait pour Jésus de vivre un mauvais moment par le passage de la croix et ensuite d’être glorifié par la résurrection. Ce n’est pas tant qu’Il ressuscite, mais qu’Il ressuscite avec nous tous. Il est lumière du coup, pour toutes les nations, Il est signe et moyen, sacrement de ce salut, pas pour un petit groupe, pas pour une coterie, même pas pour une ecclésiole, une petite Église ou une petite communauté. Jésus-Christ est venu pour le salut de tous les hommes. Cette universalité, Il la renvoie, Il la renverse dans le paradoxe, car Jésus devient universel en se faisant le Serviteur. Non content de faire de toi le serviteur, je fais de toi la lumière des nations. Parce que tu es le Serviteur, tu es la lumière des nations. "Si le grain de blé ne tombe en terre et s’il ne meurt, il ne portera pas de fruit". Il faut que le grain de blé soit au service de ce qui peut atteindre chacun d’entre  nous, comme chacun des hommes, cette souffrance et cette mort qu’un  jour nous connaîtrons tous. Et là, nous découvrirons le Christ Serviteur dans notre mort, le Christ Serviteur dans notre passion, le Christ Serviteur dans notre croix, le Christ Serviteur dans la communion de cette passion, le Christ Serviteur de tous ces hommes qui connaissent le mal, le péché, la souffrance et la mort, le Christ Serviteur et donc Sauveur, et donc Lumière, et donc vraiment glorifié avec chacun de ceux pour qui Il s’est mis au service. 

 

       AMEN 

 

 
Copyright © 2019 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public