AU FIL DES HOMELIES

NOUS VOUDRIONS VOIR JÉSUS

Is 49, 1-6 ; Jn 12, 20-33

Mardi Saint – A

(14 avril 1981)

Homélie du Frère Michel MORIN

C

 

ette question de quelques grecs, posée à Philippe a dû rester dans le cœur de l'apôtre, puisque quelques jours après, au moment où le Christ confiera à ses disciples ses dernières paroles et qu'Il leur dira : "Je suis le chemin, la vérité et la vie. Je vais vers le Père", ce même Philippe lui dira : "Montre-nous le Père." Et Jésus fera cette réponse : "Qui me voit, voit le Père !" Le Seigneur entre dans l'abaissement, dans la souffrance, dans la mort, Lui qui est, sur la terre, la présence de Dieu, Lui qui est, sur la terre, tout le poids de la gloire de Dieu, gloire cachée, gloire voilée par la chair humaine, par l'humanité. Gloire qui est venue sur la terre, qui a vécu au milieu de nous, gloire qui, maintenant, va s'enfoncer dans la terre, dans la souffrance, dans la mort, dans cette partie inférieure de la terre, dans les enfers.

Le Christ va achever sa course, le Christ va achever la révélation de la gloire du Père par sa mort. C'est dans cet abandon total au Père qu'Il va manifester, de la façon la plus forte, de la façon la plus décisive, quel est l'amour qui unit, depuis toujours, le Père et le Fils. C'est par cette humiliation qu'Il va révéler de la façon la plus grande, la plus inattendue, la plus extraordinaire quelle est vraiment la gloire du Père. C'est par l'obéissance totale à la volonté du Père que Jésus va nous ouvrir le chemin vers le cœur du Père. En ces jours où nous allons suivre le Christ, Jésus, Fils de Dieu, dans ce chemin de sa croix qui est l'aboutissement de son chemin d'humanité, ce chemin qui mène à la mort, à la mort du Christ, comme à la nôtre. En suivant ce chemin, et en contemplant le Christ humilié le Christ rejeté, le Christ souffrant, le Christ mort, le Christ enterré, nous devons non seu­lement voir son visage, mais voir le visage du Père : "Qui me voit, voit le Père !"

Et lorsque André et Philippe sont venus dire à Jésus : "Il y a des gens qui veulent te voir," le Christ n'a pas fait d'autre réponse que de parler de son obéissance, de cette obéissance qui glorifie son Père. Nous avons, dans notre cœur, nous aussi, ce désir de voir Jésus. Pas simplement, peut-être de façon extérieure, parce que nous avons entendu parler de Lui, ou parce qu'Il peut, encore, faire parler de Lui, comme c'était peut-être le cas pour ces grecs étrangers. Nous avons le désir de voir Jésus pour entrer dans sa vie, pour vivre avec Lui, pour vivre de Lui, là où ce que nous avons ne nous suffit pas, cette vie terrestre, cette vie de notre corps, cette vie qui finira au moment de notre mort. Nous n'avons pas en nous la source de la vie. Le Christ n'avait pas en Lui la source de la mort. Il a pris notre corps pour connaître notre mort et faire jaillir en nous sa propre vie.

Cette vie, c'est l'amour qu'Il partage avec le Père, c'est cette gloire qu'Il va nous révéler dans sa mort et sa Résurrection. Cette vie, c'est le salut que le Père nous donne. Qu'en cette semaine sainte où va nous être révélée toute la sainteté du mystère trinitaire, toute la sainteté du mystère du salut, que ce salut pénètre jusqu'au fond de notre désir, de notre cœur, jusqu'aux extrémités de notre terre, pour qu'en contemplant le Seigneur, nous puissions vraiment croire que Dieu nous aime jusqu'à la fin.

 

AMEN

 
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