AU FIL DES HOMELIES

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L'HUMILITÉ DU GRAIN DE BLÉ

Is 49, 1-6 ; Jn 12, 20-33

Mardi de la semaine sainte – A

(18 avril 2008)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

A

lors que nous allons suivre pas à pas le Christ sur le chemin de sa Passion, sur le chemin de sa Pâque, il nous est donné d'entendre cette annonce de la passion et de la mort du Christ qui précède donc immédiatement ce que nous allons célébrer en ce triduum pascal. Si le grain de blé ne meurt et n'est jeté en terre, il reste seul, mais s'il meurt et s'il est en terre alors il porte beaucoup de fruits. Bien sûr, il s'agit du Christ, qui est ce grain de blé qui va être déposé en terre et qui porte beaucoup de fruits. Le grain déposé en terre fait pousser une semence, cette semence produit de plus en plus de fruits. Comme aimaient à représenter les anciens en montrant une croix dans les mosaïques placées dans le chœur, une croix où s'enroulent sans cesse des rameaux, où l'on y trouve toutes les activités des hommes, tous les signes du travail et de la création, animaux et plantes, et tout vient s'enrouler autour de la croix qui devient ce signe de la gloire. C'est un arbre de vie, qui porte beaucoup de fruits. Vous avez certainement en tête le plus bel exemple qui est celui de saint Clément de Rome.

Mais notre attention est attirée sur ce grain de blé, le Christ déposé en terre et qui porte beaucoup de fruits. Mais le Christ nous renvoie la pareille. Pourquoi ? Parce que lui-même parle de notre vie : qui ne me sert pas aime trop sa vie, qui ne donne pas, celui-là ne porte pas de fruits. Le Christ nous renvoie à ce que nous sommes, considérons que notre vie n'est qu'un grain de blé. Mais mon Dieu, quel mal nous avons à donner ce grain de blé. Considérons que notre vie n'est pas grand-chose, un petit grain de blé, et bien pourtant, c'est de ce petit grain de blé que les fruits peuvent être donnés à tous en grand nombre. Bien sûr, vous allez me dire que normalement, ce sont les consacrés, les prêtres, les religieux qui finalement donnent leur vie à Dieu. C'est hélas une vision légèrement faussée du christianisme, puisque le don de notre vie c'est pour chacun d'entre nous et cela se réalise dans notre baptême. Le baptême nous a marqués de la mort et de la résurrection du Christ. Le baptême nous a marqués de cette semence jetée en terre dans la mort même du Christ et en même temps de cette production sans cesse renouvelée des fruits du printemps, de la résurrection.

C'est dans la réalité même de notre vie baptismale que doit s'éprouver cette dynamique même du mystère pascal. Aussi pouvons-nous réfléchir au pas grand-chose de notre existence, peut-être à un pas grand-chose de notre journée, un petit rien d'un peu de temps, d'un peu de don, d'un peu d'attention, un petit rien du tout du grain de blé de notre jour déposé en terre et qui peut porter beaucoup de fruits.

Le mystère de la Pâque n'est pas pour le Christ tout seul, il est pour chacun d'entre nous. Si le Christ a vécu sa Pâque, c'est pour nous inviter à découvrir combien justement les croix de nos existences sont des croix qui sont avec lui déjà, les signes mêmes de toute vie.

 

AMEN

 

 

 

 
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