AU FIL DES HOMELIES

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LÀ OU JE VAIS, VOUS NE POUVEZ VENIR !

Is 62, 11- Is 63, 7 ; Jn 13, 21-38

Mercredi Saint – A

(15 avril 1981)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

C

 

es paroles du Seigneur sont pour nous comme un avertissement et une mise en garde, au moment où nous entrons dans le mystère de sa Passion. Là où Il va, maintenant, nous ne pourrons pas aller. Malgré toute notre bonne volonté, malgré tout ce que nous voudrions faire, malgré tout l'amour humain que nous pourrions déployer, avec nos forces humaines, pour le Seigneur qui est mort et ressuscité pour nous, nous ne pourrons pas aller là où Il va.

Et c'est peut-être le sens de cet évangile qui nous est proposé aujourd'hui, à travers ces deux figures de Judas et de Pierre. Au fond, Judas que l'on s'acharne à nous présenter comme un traître, comme une sorte d'agent et d'espion introduit dans la cohorte des disciples, comme une sorte d'homme prédestiné à trahir en réalité, il avait marché avec Jésus sur les chemins de Galilée. En fait, il l'avait suivi à Jérusalem. Il avait été témoin de pas mal de choses et même accepté de prendre la responsabilité financière du groupe, même s'il en tirait quelque profit.

Et en réalité, au moment même où le Christ doit entrer dans sa Passion, au moment même où le Christ lui tend la bouchée, c'est-à-dire l'appelle à partager avec Lui ce repas commun, manger ensemble, c'est partager le même destin, et la même aventure, au moment même où le Christ lui tend la bouchée, Judas la prend en ses mains, et à ce moment-là, Judas refuse d'entrer dans la Pâque de Dieu, d'entrer dans le mystère de sa mort.

Et au moment où le Christ, commentant le départ de Judas, dit que les disciples ne pourront pas le suivre et que, d'une certaine manière, eux aussi, suivront un chemin de trahison, à ce moment-là Pierre, avec toute sa bonne volonté et son enthousiasme lui dit : "Mais pourquoi ne pourrai-je pas te suivre maintenant ? Moi je le peux !" Et le Christ lui dit encore : "Maintenant, tu ne peux pas".

Pourquoi tout cela ? Parce qu'il n'y a que le Christ qui peut faire ce chemin. Et tant qu'Il n'a pas ouvert le chemin, tant qu'Il ne nous a pas pris par la main et qu'Il a balisé de loin en loin, ce chemin terrible de la mort, nous-mêmes avec la meilleure volonté du monde, si même nous voulions nous y engager, nous ne pourrions pas arriver vraiment à le suivre.

Alors, frères et sœurs, avançons-nous vers Jérusalem et vers la croix du Seigneur en sachant que, de toute façon, le Christ nous précédera toujours et que nous n'arriverons jamais vraiment à suivre, qu'il y aura toujours ces moments de trahison, ces moments de reniement, où nous ne pourrons pas faire le pas, parce que par nous-mêmes nous ne le pouvons pas. Mais sachons aussi que ce chemin que le Christ a ouvert, c'est un chemin qui a vaincu la mort. Et c'est surtout un chemin de miséricorde et de pardon.

 

AMEN

 
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