AU FIL DES HOMELIES

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SUR LE CŒUR DE JÉSUS

Is 62, 11- Is 63, 7 ; Jn 13, 21-38

Mercredi Saint – C

(15  avril 1992)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

A

utour de la table de la Cène dont nous avons entendu un évangile très détaillé, nous trou­vons immédiatement auprès de Jésus, appa­remment sur la gauche de Jésus, le disciple que Jésus aimait, Jean. Si on imagine comme on le sait par ail­leurs que l'on mangeait sur des couchettes disposées en épi autour de la table, Jean était à la gauche de Jésus, Simon Pierre à sa droite. Quant à Judas, il de­vait être juste après Jean, toujours à la gauche de Jé­sus.

Trois disciples, trois attitudes différentes face à la communion que Jésus va demander à ses disci­ples pour aller jusqu'au bout de leur destinée com­mune. La première réaction est celle de Jean. Il repose sur le cœur de Jésus, dans une communion presque parfaite, totale, communion dans l'intimité du Christ. Il est dans son cœur. L'autre attitude est celle de Ju­das. Jésus va l'inviter, une dernière fois, à rentrer par un geste de commensalité, le geste de la bouchée, à rentrer dans la communion qu'Il lui propose. Appa­remment Judas hésite dans son cœur. Un soupçon, déjà, est né en lui. Soupçon qui n'est pas encore trahi­son, mais qui est comme un certain refus d'aller jus­qu'au bout de cette arrestation, de dette souffrance que le Christ a annoncée plusieurs fois. Est-ce de la part de Judas une provocation pour demander au Christ de faire valoir sa puissance divine? Est-ce une déception face à un Messie qui ne correspond pas à l'idée qu'il s'en faisait ? En tout cas, ce que l'évangéliste Jean veut nous dire c'est que le péché qui a pris naissance dans le cœur de Judas et qui va le mener à la trahison, au désespoir le plus complet, est un péché contre la communion. Le péché a comme deux caractères dé­crits par le disciple que Jésus aimait. Le premier c'est qu'il est rupture de communion, il est un refus d'être en intimité avec Dieu et il ne se met en action que dans le cas d'une liberté humaine. L'évangéliste pré­cise bien que Judas "a décidé" après la bouchée, de trahir Jésus.

La troisième attitude est celle de Pierre qui, contrairement à l'intimité paisible de Jean ou au refus déjà plein de haine de Judas, avance avec sa propre force humaine, et dit au Christ qu'il le suivra jusqu'au bout. Or le Christ lui annonce une trahison, une lâ­cheté, le fait qu'avant que le coq chante il aura lui-même Pierre renié trois fois son appartenance au groupe des disciples.

Nous avons donc là le dernier tableau drama­tique qui annonce la Passion, la mise au tombeau et la Pâque que nous allons célébrer. Ni la force humaine du disciple Pierre n'intervient dans notre volonté de communion. Le soupçon nous ferait comparaître parmi les traîtres. Par contre le fait de reposer dans le cœur du Christ nous assure de recevoir de Lui la grâce nécessaire pour rester en communion et être sauvés par Lui. Alors, nous avons par rapport à ces trois per­sonnages décrits avec tant de soin dans ce passage, non pas un choix à faire, mais une intention à donner à notre propre vie, à notre cœur. Celle de reposer dans le cœur de Dieu. Non pas celle de le rejoindre par nos forces humaines, non pas de confronter le mystère de la Passion et l'idée que nous en avons, mais de reposer auprès du Seigneur pour recevoir pleinement la grâce qui nous permettra d'être "des leurs", "des siens". A ceci Il reconnaîtra que nous sommes vraiment ses disciples, à l'amour que nous avons les uns pour les autres et que nous tirons du cœur de Dieu.

 

AMEN

 

 

 
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