AU FIL DES HOMELIES

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LES PALMES

Is 62, 11- Is 63, 7 ; Jn 13, 21-38

Mercredi de la semaine sainte – B

(12 avril 2006)

Homélie du Frère Yves HABERT

 

J

e suis attiré pendant cette période par les palmes qui sont devant l’autel. D’ailleurs, je ne crois pas avoir vu cela autre part ! Je ne crois pas avoir vu des palmes ainsi pendant la semaine sainte, devant un autel. Souvent les palmes sont ramassées consciencieusement ou elles sont mises dans un coin, mais ici, elles sont intégrées à la dramatique liturgique, elles ont là pour participer à cet entrain de la Passion. Elles ont été prélevées délicatement du côté des hauteurs de San Remo, elles se balançaient doucement au-dessus de la Méditerranée et elles sont arrivées ici pour être participantes d’une dramatique. Elles se dressaient fières le jour des Rameaux, elles se dressaient toutes droites, vertes, au-dessus de l’autel. Elles cachaient même la croix, elles cachaient les célébrants. Elles avaient été convoquées là par ce rappel de l’entrée de Jésus à Jérusalem sur un ânon, elles venaient là non pas pour obéir à un mot d’ordre syndical, mais pour obéir aux prophéties d’Isaïe, ce roi humble qui est annoncé par Isaïe, et aussi ce roi monté sur un petit d’une ânesse prophétisé par Zacharie. Elles se dressaient toutes droites, fières, heureuses d’être là. Et faute d’eau, puisqu’il n’y a pas d’eau dans le chaudron, elles ont commencé à prendre un air penché, pour aller jusqu’à la terre, elles ont commencé à roussir.

C’est un peu une image de nos vies qui désirent l’eau vive qui va sortir de la croix du Christ. Elles cachent l’autel jusqu’à demain, l’autel qui va être embelli pour la célébration du Jeudi Saint, puis, l’autel sera dépouillé, la croix sera enlevée, le Christ sera mis au tombeau, et les palmes vont disparaître avant d’être intégrées dans le grand feu pascal. C’est comme un accompagnement. Elles sont là pour nous accompagner dans ce chemin. Elles ont gardé toute leur expression, mais elles vont aussi disparaître dans ce grand feu pascal.

C’est aussi une image de ces palmes qui cachent puis révèlent la croix en même temps. C’est une image de l’amour de Dieu. C’est le dernier chapitre de ce très beau livre d’Urs Von Balthazar : Le cœur du monde. "O bienheureuse jungle de ton amour". Je crois que le Christ est venu nous chercher dans la jungle de nos vies. Il est venu tracer le chemin, il est ce roi vêtu de pourpre dont nous parlait Isaïe. Il est venu nous chercher, nous prendre sur ses épaules, Il n’a pas protégé son visage pour ne pas nous lâcher. Il est allé chercher dans la jungle de nos vies, dans nos palmes parfois fatiguées, de quoi faire jaillir un Alleluia pascal, de quoi faire jaillir la vie de ces palmes desséchées.

Ces palmes nous accompagnent, mais c’est nous qui sommes les invités aux Noces de l’Agneau, c’est sur cet autel que nous allons célébrer l’eucharistie qui fait goûter à la mort de Jésus, mais aussi à sa Résurrection.

 

AMEN

 

 

 
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