AU FIL DES HOMELIES

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CONTRE LE CŒUR DE DIEU

Is 62, 11- Is 63, 7 ; Jn 13, 21-38

Mercredi de la semaine sainte – C

(4 avril 2007)

Homélie du Frère Christophe LEBLANC

 

F

rères et sœurs, le chapitre treizième de l'évangile selon saint Jean nous présente deux grands moments. Le premier moment, nous l'entendrons demain soir, c'est le récit du lavement des pieds. Aujourd'hui, nous écoutons le passage qui suit immédiatement ce récit c'et ce que la plupart des Bibles appellent : l'annonce de la trahison de Judas.

Dans ce dernier repas, nous pouvons réfléchir et méditer sur trois attitudes de trois disciples différents. La première attitude, si nous prenons le récit dans sa chronologie, en commençant est celle de Judas qui avant même nous dit le texte, "au cours du repas, alors que déjà le diable avait mis au cœur de judas Iscarioth fils de Simon, le dessein de le livrer". Judas qui avait déjà dans son cœur ce projet, mais qui n'est pas encore passé à l'action, Judas pour qui le geste du lavement des pieds et le geste de cette bouchée offerte, n'aura aucune conséquence. Judas refuse cette commensalité, il refuse la communion, la charité de son maître qui s'est abaissé à lui laver les pieds. Il part dans la nuit pour livrer son maître.

Il y a la deuxième attitude, celle de Pierre, à la fois dans le récit du lavement des pieds et dans la fin de l'évangile que nous venons d'entendre : Pierre qui pense pouvoir donner sa vie pour son maître, Pierre qui pense pouvoir se substituer à son maître, qui se sent fort, et qui veut puiser dans ses propres forces la possibilité de donner sa vie. Jésus lui dit : tu ne pourras jamais par tes propres forces donner ta vie pour moi, d'ailleurs, tu me trahiras.

La troisième attitude, en cette veille de Jeudi saint, et à la lecture de cet évangile, nous butons et nous restons souvent sur la figure de Judas en nous demandant comment et pourquoi peut-il livrer son maître ? Mais je voudrais à la veille de ce triduum vous livrer plutôt une troisième figure qui est celle de Jean. Judas, c'est celui qui trahit, qui part par déception, ou pour provoquer Jésus ? Pierre c'est le fanfaron, celui qui parle avant de réfléchir, c'est celui qui a une grande âme et un grand cœur, car il veut donner sa vie pour Jésus, mais il ne sait pas ce que cela signifie. Et puis, il y a l'attitude de Jean, peut-être beaucoup plus discrète, car Jean ne parle pas beaucoup. On entend souvent les dialogues entre Jésus et Pierre, mais ce que dit Jean reste dans la discrétion. Jean, c'est celui qui ne va pas faire de promesses comme Pierre, Jean, c'est celui qui reste tout contre son Seigneur, tout contre le cœur de Dieu. Peut-être que c'est l'attitude que le Seigneur nous demande au moment de la Passion, ou même de notre Passion, rester envers et contre tout contre son cœur, sans faire les fanfarons, sans promettre ce que nous ne pouvons pas tenir.

En écoutant ce récit, je pensais à ce très beau psaume, le psaume 131 : "Seigneur, je n'ai pas le cœur fier ni le regard hautain. Je n'ai pas pris un chemin de grandeur ni de prodiges qui me dépassent. Non, je tiens mon âme en paix et en silence, comme un petit enfant contre sa mère, comme un petit enfant, telle est mon âme en moi. Mets ton espoir Israël dans le Seigneur, maintenant et à jamais".

Frères et sœurs, c'est peut-être ce qui est le plus facile et le plus difficile, au cœur même de la Passion: ne pas déserter la souffrance, ne pas déserter Dieu, mais rester tout contre son cœur, le plus difficile, c'est de rester tout contre Dieu, car enfin, c'est en restant tout contre Dieu que nous devenons ce que nous sommes, enfants de Dieu.

 

 

AMEN

 

 

 
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