AU FIL DES HOMELIES

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LA TENDRESSE MISÉRICORDIEUSE DE DIEU

Is 62, 11- Is 63, 7 ; Jn 13, 21-38

Mercredi de la semaine sainte – A

(19 mars 2008)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

F

rères et sœurs, c'est donc le mystère du péché dont il est question aujourd'hui dans l'évangile. Le péché de Judas, mais aussi le péché de Pierre, de celui qui l'a livré à ceux qui haïssent Jésus, et le péché de celui qui par faiblesse, par peur, le reniera.

Le péché de Pierre qui sera pardonné quand Jésus ressuscité retrouvera Pierre et lui demandera : "M'aimes-tu ?" et Pierre par trois fois lui répondra : "Oui Seigneur, tu sais que je t'aime" et cette déclaration sera la guérison du cœur de Pierre. Ce qui prouve que le péché n'a pas le dernier mot, même après avoir trahi le Christ nous pouvons retrouver en nous l'amour, non pas un amour que nous conquérrions à la force des poignets en effaçant notre trahison et notre péché, mais un amour gratuit, un cadeau de Dieu.

Et Judas ? Jésus aussi à l'égard de Judas a voulu lui donner un appel à l'amitié, à la miséricorde. Il lui offre une bouchée non pas pour que Judas soit enfoncé dans le mal, mais au contraire pour l'appeler par ce geste, à l'amitié de ceux qui prennent leur repas ensemble comme Jésus l'a fait si souvent avec ses disciples et souvent avec Judas. Mais, c'est le moment où le cœur de Judas se ferme, et à ce moment-là Satan entra en lui. Non pas parce que la bouchée de Jésus mettrait Satan dans le cœur de Judas, mais parce que la fermeture du cœur de Judas à cet appel plein de tendresse que Jésus lui adresse, cette fermeture vient du mauvais, de Satan.

Nous le lisions dans la Passion selon saint Matthieu dimanche dernier, quand Judas, après la mort de Jésus sera traversé par le remords, sentant qu'il a trahi celui qu'il aimait, il ira jeter l'argent dans le temple, mais plutôt que d'aller trouver Jésus, pour lui dire : j'ai péché, pardonne-moi, Judas de désespoir va se pendre. Nous ne savons pas s'il a pu y avoir miséricorde Dieu pour Judas, la seule chose que nous puissions savoir, c'est que la miséricorde de Dieu ne s'impose pas à nous, elle suppose que nous l'acceptions. Il faut accepter de reconnaître notre péché, que Jésus victime de notre péché aille jusqu'à se réconcilier avec nous, nous pardonner, nous reprendre dans ses bras, il faut que nous acceptions cette démarche où nous reconnaissons notre faiblesse, le mal qui travaille en nous et où nous acceptons que Jésus gratuitement même si nous l'avons délaissé, prenne lui, et lui seul l'initiative de la réconciliation du pardon. Nous invitant nous-mêmes à pardonner à ceux qui nous ont offensés, comme nous le disons dans le "notre Père", car il n'y a pas d'autre solution à la relation des hommes entre eux que l'appel du pardon. Il est inévitable qu'entre les hommes, naissent la jalousie, la peur et tout ce qu'elles engendrent cela peut aller jusqu'à la haine, la guerre, jusqu'à l'homicide mutuel (souvenons-nous de Caïn et Abel), il est inévitable donc que les hommes soient tentés par cette jalousie qui les dresse les uns contre les autres, mais il y a un pardon possible, une réconciliation possible et cette réconciliation c'est le Christ qui nous la met dans le cœur. C'est très difficile de pardonner, et pourtant, c'est la seule issue, la seule voie que le Christ nous propose, celle que lui-même a vécue. Encore faut-il l'accepter.

Devant ce mystère très profond du péché, du mal qui nous détourne de Dieu, de l'amour, du dessein de Dieu, devant ce mystère, demandons humblement au Seigneur d'être assez miséricordieux pour que sa tendresse emporte toutes nos réticences, notre orgueil, notre manque d'humilité, que le Seigneur emporte tout ce qui nous empêche de lui ouvrir notre coeur, afin que celui qui seul peut nous donner la vie puisse aller jusqu'au bout de son dessein de salut.

 

 

AMEN

 

 

 
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