AU FIL DES HOMELIES

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ÉGLISE CATHOLIQUE ET APOSTOLIQUE

Ac 10, 23 b-27+34-48

(1er mai 1983???)

Homélie du Frère Michel MORIN

 

Cernay-l'Église : L'autel des apôtres

C

haque dimanche, dans la proclamation du Credo, nous disons : "Je crois à la sainte Église catholique et apostolique." Vous savez que les dogmes de l'Église sont tous contenus dans la sainte Écriture, même si on ne trouve pas dans cette Écriture la formulation même des dogmes, tels qu'ils ont été donnés par les conciles ou les pontifes. Et je pense que les deux textes de ce soir, et peut-être le second plus que le premier, peuvent nous éclairer sur les fondements scripturaires de ces deux traits de notre foi, à savoir que l'Église est catholique et qu'elle est apostolique. Il y a beaucoup d'autres textes qui fondent cette catholicité et cette apostolicité.

       Vous savez que, dans l'ancien Testament, le peuple d'Israël n'était ni catholique ni apostolique. Lorsque Moïse a été chargé par Dieu de conduire le peuple, il était la figure du Christ, mais il était aussi la figure de Pierre, puisqu'il fut ce premier pasteur, chef du troupeau, pour sortir ce peuple hébreu de l'oppression d'Egypte vers la terre promise. Et vous savez que Moïse, chef de ce peuple, pour arriver en terre promise a dû exterminer pas mal d'autres peuples, en commençant par leurs rois. Ils n'ont pas cherché à les convertir à leur foi, bien au contraire, ils les ont plutôt expulsés hors de leurs territoires. Le peuple d'Israël n'était pas catholique. Il n'était pas non plus apostolique parce que l'apostolicité repose dans la Résurrection du Christ et c'est ce que je voudrais éclairer avec vous, ce soir.

        D'abord, dans l'ancien Testament, il y a comme en germe cette catholicité et cette apostolicité. Les apôtres étaient douze et il y avait douze tribus. Les douze tribus sont comme les germes qui donneront comme fruit les douze apôtres. Vous connaissez suffisamment la Bible et notamment certains prophètes comme Isaïe pour savoir qu'un bon nombre d'oracles de ces prophètes annoncent une venue du Messie, non pas simplement pour le peuple juif mais pour toutes les nations. Il y avait donc, dans ces oracles, contenu comme en germe le catholicisme de l'Église.

        Mais, en définitive, qu'est-ce que c'est, cette Église catholique et apostolique ? Le texte des Actes des apôtres commence à nous le dire, commence à nous l'exprimer. C'est le premier texte dans l'Écriture où des païens sont invités à entrer dans l'Église. Or, vous avez remarqué que celui qui va les faire entrer dans l'Église, c'est l'apôtre Pierre. Et nous rejoignons là, dans l'apôtre Pierre au cœur de l'apostolicité et dans le fait que pour la première fois des païens entrent dans l'Église, la catholicité.

      L'Église est apostolique non pas d'abord parce qu'elle fait de l'apostolat ou parce qu'elle a des mouvements apostoliques, ou des congrégations de vie apostolique. L'Église est apostolique, tout simplement, parce qu'elle est fondée sur les apôtres, sur la foi des apôtres et cela, j'allais dire, est grandement suffisant. Tout le reste c'est le développement de cette fondation de l'Église sur la foi des apôtres et, en premier lieu sur l'apôtre Pierre qui a été choisi par le Christ pour être pierre d'angle de ce témoignage de la Résurrection.

       Or, c'est l'apôtre Pierre qui est envoyé à Corneille et à sa famille pour accueillir dans le sein de l'Église, cette famille de païens. Et c'est là où on touche la catholicité, car vous avez remarqué qu'avant de constater que l'Esprit était donné, sans que lui-même l'ait demandé, avant que les païens aient reçu le baptême, (signe de la Pentecôte des païens, qui s'est manifestée avec les mêmes éléments que la Pentecôte des apôtres qui étaient d'origine juive), avant de constater ce don de l'Esprit et de ne pas refuser le signe de l'eau aux païens par le baptême, Pierre leur fait une catéchèse sur la foi. Et c'est dans cette foi que Pierre va introduire ces païens. C'est cela la catholicité. C'est la totalité de la foi destinée à la totalité des hommes, selon la racine grecque du mot catholique qui signifie la totalité, le tout. Il ne faut donc pas penser, comme nous le faisons parfois dans notre ecclésiologie moderne, que la catholicité c'est uniquement l'universalité géographique ou l'universalité des hommes et des nations. C'est d'abord la totalité de la foi donnée à la totalité des hommes. Cette totalité de la foi a été confiée aux apôtres et spécialement à Pierre comme chef et comme gardien de ce dépôt de la foi. Et c'est à lui, en collaboration avec les autres apôtres, de proclamer, de proposer la totalité de cette foi et d'y faire entrer la totalité des nations dont cette famille du centurion Corneille est comme les prémices.

        C'est cela, frères et sœurs, et je crois un des fondements importants de ce que nous proclamons lorsque nous disons que "l'Église est catholique et apostolique". Le Christ est ressuscité des morts. Il accomplit la totalité de la foi qui avait été donnée, par étapes, de façon fragmentaire, au peuple juif. Il confie cette totalité de la foi à Pierre et aux apôtres pour que la totalité des hommes puisse y entrer, juifs ou païens. Et cela dans l'initiative même de Dieu qui donne l'Esprit, d'abord aux apôtres puis aux païens de la maison de Corneille.

       Si vous voulez nous ne retiendrons que cela ce soir. Nous demanderons à Dieu qu'il fasse entrer, chaque jour davantage, la totalité des nations dans la totalité de la foi, par le ministère apostolique. Et nous lui rendrons gloire de nous avoir confié, à nous qui sommes l'Église de Pierre, cette totalité de son mystère. Et nous lui demandons qu'Il nous aide à le chanter, à le louer et à le partager à tous les hommes qui le cherchent, afin que tous puissent vivre dans la force de son Esprit.

      AMEN


 
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