AU FIL DES HOMELIES

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LA VIGNE

Ac 9, 26-31 ; 1 Jn 3, 18-24 ; Jn 15, 1-8
Cinquième dimanche de Pâques - année B (13 mai 1979)
Homélie du Frère Jean LEGREZ

Le Christ nous dit aujourd'hui : "Je suis la Vigne, vous êtes les sarments !" Saint Jean nous dit dans l'épître que le commandement du Christ, c'est de croire en Lui et d'aimer tous nos semblables. "Sans Moi, vous ne pouvez rien faire !" Aimer le Christ, aimer nos semblables, sans que le Christ ne vienne à notre aide, cela nous est tout à fait impossible. Pour aimer Dieu, il nous faut croire, il nous faut avoir la foi. Qu'est-ce à dire ?

On parle souvent de la foi. On dit d'un tel "Lui, il a la foi" ou au contraire, "il n'a pas la foi". Si nous pouvions prendre conscience que la foi est d'abord un don de Dieu, un don du Seigneur coulant de la mort et de la Résurrection du Christ, un don qui n'est autre que la vie même de Dieu, la vie de l'Esprit Saint reçue au baptême qui vient à la rencontre de notre liberté, afin que nous puissions dire, librement : "oui ! je crois !"- "Tu es le Fils de Dieu, du Dieu créateur et Père de l'humanité." La foi est d'abord ce don de Dieu, ce don de Dieu qui est l'Esprit Saint, qui gémît en nous, qui nous interpelle sans cesse pour que nous reconnaissions le Christ comme Fils de Dieu. Mais ce don que Dieu nous fait, au jour de notre baptême, ce cadeau qui nous ouvre les yeux, qui nous fait découvrir la réalité, c'est-à-dire Dieu l'unique réalité qui vaille la peine d'être connue, la réalité qui donne naissance à tous les actes de notre vie. Ce don, ce don si extraordinaire, nous pouvons le refuser. Et le péché, en nous, sera tout au long de notre vie, cette tendance, cette tendance parfois très violente, très forte, qui nous fera repousser la foi.

Or ce don de Dieu, cette foi est faite de l'espérance, elle est faite de la confiance, elle est faite de l'amour. Si nous refusons ce don de Dieu, nous risquons de voir notre existence amputée de toute une dimension qui est cette reconnaissance de Dieu comme Père, cette reconnaissance de Dieu en son Fils comme Sauveur, cette reconnaissance de Dieu comme Esprit Saint vivant en nous, présent au cœur même de nos frères, au cœur de l'Église. La foi suppose que nous acceptions d'entendre la Parole de Dieu et de la faire nôtre.

Lorsque le Christ s'adresse à ses disciples, il leur dit : "Demeurez en Moi, comme Moi je demeure dans le Père !" Pour que nous puissions demeurer dans le Christ, il nous faut accepter d'entendre la Parole et c'est elle-même qui va nous rendre purs, c'est elle qui a rendus purs les disciples. Le Christ leur dit : "Désormais, vous êtes émondés car vous avez entendu la Parole que je vous ai dite !" Cette parole du Christ s'adresse à nous aujourd'hui. C'est le Père qui est le vigneron, qui a envoyé le Fils pour nous parler. Si nous acceptons d'entendre la Parole, nous serons, comme les apôtres, émondés c'est-à-dire que si nous entendons la Parole de Dieu et l'acceptons, nous acceptons en même temps que notre intelligence, que notre cœur, que tout notre être soit taillé par le Père, que la plante que nous sommes soit renouvelée, qui, de stérile qu'elle était, va devenir capable de porter du fruit.

En ces jours de printemps, il nous arrive de marcher dans la campagne et de voir de la vigne. Nous voyons des ceps bien taillés qui, déjà, laissent jaillir des sarments plein de feuilles qui cachent les fleurs très discrètes, toutes petites, qui sont le signe du fruit à venir. Si nous acceptons la Parole de Dieu, nous sommes ces sarments porteurs de fleurs, des sarments fixés à la vigne mère qui est le Christ, en attendant de porter du fruit. Avoir la foi c'est accepter une Parole qui ne vient pas de nous, une Parole qui est une véritable révélation et qui donne à toute notre existence un sens nouveau, une saveur nouvelle. Pour cela il nous faut être humbles, reconnaître nos limites, laisser choir notre "raison raisonnante"."Il faut que la tête se mette les bras dans le dos" pour reconnaître le martyr, le témoin de la foi, le publicain et la prostituée. Oui il faut que nous acceptions d'être émondés pour reconnaître, en tout homme, dans le plus pauvre, dans le plus laid, dans le plus misérable, notre frère, un enfant de Dieu, bien-aimé du Père.

Si nous croyons que Jésus est le Fils de Dieu, alors ce voile opaque qui si souvent nous empêche de discerner l'œuvre de Dieu dans nos vies et dans la vie du monde, ce voile s'amincit, ce voile devient translucide et laisse paraître la lumière du Ressuscité. Alors c'est tout notre intelligence qui, tout à coup, se déploie, est renouvelée, nos puissances d'aimer sont surmultipliées, tout notre être est habité par la paix, par la joie que le Seigneur veut nous donner. Cette paix, cette joie, Il nous la donne quand nous acceptons de Le reconnaître et d'accepter son projet sur nous. Le Christ Ressuscité veut nous illuminer, le Christ Ressuscité veut nous transfigurer pour qu'à notre tour nous soyons lumière pour le monde. Avoir la foi c'est recevoir avec reconnaissance le don de Dieu et accepter d'être totalement changés renouvelés, transformés pour devenir lumière pour les hommes.

AMEN

 
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