AU FIL DES HOMELIES

 QUI NOUS SÉPARERA ?

Rm 8, 31-39 ; Jn 15, 1-8

(5 mai 1983)

Homélie du Frère Serge JAUNET

Canal de Corinthe

E

 

xclamation merveilleuse de saint Paul, exclamation porteuse de tant de foi chez l'apôtre: "Qui nous séparera de l'amour du Christ ?" Rien ne peut nous séparer de cet amour que le Christ nous a manifesté en mourant et en ressuscitant pour nous. Et saint Paul d'énumérer toutes les forces du mal qui pourraient, semble-t-il, en venir à bout, mais rien ne peut quelque contre celui qui a été aimé par le Christ ressuscité qui s'est donné à lui par sa mort et dans cette résurrection.

Et si je me permettais de continuer saint Paul, je dirais que quelqu'un peut nous séparer de cet amour du Christ : c'est nous-mêmes, c'est chacun d'entre nous. Tous, nous pouvons reprendre ce péché des origines de la Genèse, qui a été justement de se séparer de ce Dieu qui les avait aimés aussi, en les créant. Et ce Christ ressuscité, cette force vive qui l'emporte sur tout mal, nous pouvons pour nous-mêmes le refuser. C'est notre entière liberté et c'est là que se manifeste notre amour ou notre manque d'amour vis-à-vis du Seigneur. Quelqu'un rapportait l'autre jour cette image étonnamment vraie : "L'enfer existe sans doute et s'il y a des hommes à l'intérieur de l'enfer, ils sont enfermés, ils sont verrouillés du dedans même de cet enfer. Ce n'est pas Dieu qui nous met en enfer, mais c'est nous-mêmes qui nous y enfermons." Nous pouvons nous aussi nous enfermer dans cette séparation d'avec Celui qui nous aime. Saint Philippe Néri disait chaque matin : "Méfie-toi de moi, Seigneur ! Prends garde à moi ! Je pourrais Te trahir".

Et l'évangile que nous avons entendu aujourd'hui, où le Seigneur nous parle de la vigne et des sarments que nous sommes, attachés sur le cep, est bien venu pour nous apprendre, pour nous demander de demeurer en Christ, de demeurer en Lui comme Lui demeure en nous, pour que, jamais, nous n'ayons la tentation de nous séparer de Lui. Il faut que chaque jour, nous nous apprivoisions à cette demeure, à cette habitation en Lui, comme Lui habite en nous. L'Église, dans sa pédagogie, après nous avoir fait célébrer la Résurrection, lire les récits de la Résurrection tels que nous les racontent les témoins de ce Christ ressuscité, nous a fait ensuite longuement méditer, avec le chapitre sixième de saint Jean sur cette Pâque qui nous est donnée, comme nous le chantons, à manger et à boire. "Mangez et buvez la Pâque de Dieu !" Cette Pâque n'est pas quelque chose d'extérieur. Nous avons à la faire habiter, à la faire advenir en chacun d'entre nous. Et maintenant, avant la fête de Pentecôte, L'Église continue, avant la fin de ce temps pascal, à nous faire méditer sur ces sarments que nous sommes, attachés au cep et qui devons rester greffés sur Lui pour que la sève qui est dans le pied de vigne, dans le Christ Lui-même, passe en chacun d'entre nous.

Puissions-nous entendre et recevoir cet évangile et chaque jour, petitement, pauvrement, car nous vivons toujours petitement et pauvrement notre foi, puissions-nous apprendre à demeurer en Lui comme Lui demeure en nous à jamais.

 

AMEN

 

 

 
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