AU FIL DES HOMELIES

ILS VOUS PERSÉCUTERONT

Col 1, 24-29 ; Jn 15, 18-25

Jeudi de la cinquième semaine de Pâques – A

(13 mai 1993)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

L

e serviteur n'est pas plus grand que son maî­tre. S'ils M'ont persécuté, ils vous persécute­ront, vous aussi. S'ils ont gardé Ma Parole, ils garderont aussi la vôtre."

Ainsi tout ce qui arrive aux disciples, que ce soit négatif comme la persécution, que ce soit positif comme l'écoute de la Parole, tout ce qui arrive aux disciples est identique à ce qui arrive au Maître, à Jésus. Toute notre vie est participation à la vie du Christ. C'est la vie du Christ qui se réalise en nous exactement comme dans le Christ c'est la vie du Père qui se réalise "Qui Me hait, hait aussi mon Père !" "Ils n'ont connu ni le Père ni Moi !" Cette page d'évangile est comme la face négative de celle que nous avons entendue hier ou Jésus disait : "Comme le Père M'a aimé, Moi aussi Je vous ai aimés. Aimez-vous les uns les autres comme Je vous ai aimés !" Il y a communication, il y a communion, il y a identité entre le Père et le Fils, entre le Fils et nous. L'amour du Père repose dans le cœur du Fils, l'amour du Fils rejaillit de notre propre cœur et comme nous le dit l'évangile d'aujourd'hui, de la même façon tout ce qui nous arrive, tout ce que les hommes font soit en nous persécutant soit au contraire en écoutant notre parole, arrive à chacun d'entre nous comme cela arrive au Christ et arrive au Christ comme cela arrive au Père. Il y a une communauté de destin, une communauté de vie, une communauté de réalisation profonde entre nous et le Christ. Cette communauté s'enracine dans la communion trinitaire. De même que tout est com­mun entre le Père et le Fils, de même tout est commun entre le Fils et nous. Nous sommes invités à entrer, avec tout nous-mêmes dans le mystère du Fils comme le Fils, de toute éternité, fait partie du mystère du Père.

Et cela est vrai pour tous les événements de notre vie. Jésus nous le dit, non seulement pour la gloire qui nous remplit, non seulement pour la grâce qui vit en nous, non seulement pour l'amour qui est dans notre cœur, mais aussi pour les souffrances, les épreuves, les persécutions. Et cette similitude entre les épreuves que nous subissons et celles que le Christ a subies n'est pas simplement une analogie, une res­semblance extérieure. Ce n'est même pas une conso­lation de savoir que le Christ a souffert comme nous souffrons, c'est une participation véritable dont saint Paul, dans l'épître aux Colossiens nous donne une illustration.

"Je trouve ma joie dans les souffrances que j'endure pour vous parce que je complète en moi, dans ma chair, ce qui manque à la Passion du Christ, aux épreuves du Christ pour son Église." Ainsi, si nos épreuves sont semblables à celles du Christ, si les moments difficiles de notre vie, les souffrances ou les persécutions qui peuvent nous arriver sont identiques à la croix du Christ, cela veut dire que la valeur, le rayonnement, la puissance rédemptrice de la croix du Christ s'exerce aussi à travers nos souffrances, à tra­vers nos épreuves, à travers tout ce que nous pouvons subir d'apparemment négatif. "Je complète dans ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ pour son corps qui est l'Église." C'est dire que les souffran­ces du Christ pour son Église, c'est-à-dire pour l'hu­manité qu'Il veut sauver, ces souffrances se prolon­gent, se complètent est une façon de parler qu'emploie saint Paul, ces souffrances se prolongent dans nos propres souffrances. Le Christ associe tout ce que nous subissons comme épreuves à celle de sa croix, pour faire de nous des co-rédempteurs. Nous partici­pons à la Rédemption du Christ. Tout ce que nous vivons, tout ce que nous subissons, même le négatif, trouve sens, valeur, efficacité dans notre union au Christ. Même quand nous sommes arrachés, même quand notre vie subit une diminution, même quand la maladie, les soucis, les souffrances morales nous atta­quent, cela n'est pas purement négatif parce que tout cela, uni à la croix du Christ, prend un sens pour le salut du monde, pour le salut du corps du Christ qui est l'Église.

Ainsi toute notre vie est unie à celle du Christ, toute notre vie prend une signification même dans ses parties les plus apparemment négatives, prend une signification de salut, une signification de rédemption, de sanctification pour nous et pour tous, à travers la croix du Christ qui nous prend dans son mouvement, qui nous prend dans son efficacité. Le Christ nous fait l'honneur de nous associer a Lui dans toute sa vie, y compris dans ce qu'il y a de plus dou­loureux et de plus terrible, ce sacrifice de la croix qu'Il a offert par amour. Il met dans notre cœur une participation à cet amour pour que nous puissions, nous aussi, nous offrir avec Lui, afin que tout ce que nous vivons, tout ce que nous souffrons soit pour le salut du monde.

 

 

AMEN

 

 
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