AU FIL DES HOMELIES

JE VOUS AI AIMÉS 

Ph 3, 17-21; Jn 13, 31-35

Mardi de la cinquième semaine de Pâques

(19 mai 1981)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

Aimer et se savoir aimé

V

 

ous avez sans doute remarqué à quel point il y a une correspondance extraordinaire entre les deux textes que nous venons d'entendre. Le premier, c'est la parole de Paul : "Pour nous, notre cité se trouve dans les cieux d'où nous attendons le Seigneur qui a pouvoir de tout rassembler et de tout soumettre, même l'univers". Et le second qui en est comme la source et la fontaine, c'est la parole du Seigneur, juste au moment de mourir : "Je vous donne un commandement nouveau, aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés, car c'est à ceci que l'on vous reconnaîtra pour mes disciples."

Oui, toute notre vie est tissée de ces deux paroles. D'une part cette parole du Seigneur qui est venu nous la livrer comme cet ultime témoignage, comme son véritable testament : ce que je vous ai apporté, c'est de vous aimer les uns les autres. Seulement cet amour qu'Il nous a apporté n'est pas uniquement pour des fins internes, je ne sais quel but d'une société dans laquelle la philanthropie, un certain humanisme est complètement réalisé. Car si le Seigneur nous a légué cette parole comme un testament, c'est parce que, par ce commandement, Il voulait nous conduire ailleurs, là où Lui-même est allé, inaugurant ainsi, en son propre corps et en sa propre vie, cette cité qui est dans les cieux et vers laquelle nous gémissons et vers laquelle nous sommes tendus.

Frères et sœurs, c'est là le mystère de notre existence, c'est que l'amour qu'il y a dans notre cœur, qu'il y a dans notre vie, ne vient pas simplement de nous-mêmes, mais c'est une réalité qui vient d'ailleurs, de la mort et de la Résurrection du Christ qui nous conduit ailleurs, vers la cité sainte où Il veut rassembler tout l'univers. et la grandeur de l'amour, ce n'est pas seulement qu'il réalise une sorte d'état de paix, maintenant, mais c'est surtout qu'Il crée ce dynamisme et ce mouvement vers la cité dans laquelle un jour nous serons tous rassemblés. Car le prix et la grandeur de l'amour, c'est qu'il est espérance, c'est qu'il est une force qui nous soumet au Christ non pas dans un esprit d'esclave, mais dans cette liberté et cet émerveillement de nos yeux de savoir que nous pouvons aimer parce que nous sommes aimés, que nous avons été aimés jusqu'à la mort et surtout que nous serons aimés jusqu'en l'éternité.

 

AMEN

 

 

 
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