AU FIL DES HOMELIES

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QUE MA JOIE SOIT EN VOUS

Col 1, 12-20 ; Jn 15, 9-17

Mercredi de la cinquième semaine de Pâques – A

(12 mai 1993)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

 

J

e vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite !"

A travers la parabole de la vigne, nous compre­nons plutôt spontanément que la vigne est une sorte de processus de communication vitale. Les racines vont chercher la vie et la communiquent ensuite au tronc, aux sarments et aux fruits. Et à cause de la ma­térialité du plant de vigne, nous imaginons cette cir­culation de la vie comme une réalité extérieure. En fait quand Jésus commente sa parabole, Il montre qu'il n'en est rien. Ce qu'il faut comprendre dans une vigne c'est que le principe dynamique de sa vie est totale­ment intérieur à la vigne. La vigne ne sort pas d'elle-même pour trouver sa nourriture dans le sol, elle ne sort pas d'elle-même quand elle donne du fruit. Les fruits sont les fruits de la vigne, dans la vigne. Les racines sont les racines de la vigne et lui appartien­nent. Précisément, tout ce qui touche à un processus de vie est toujours un processus interne au corps. Nous ne pouvons pas dire que notre âme est exté­rieure à notre corps. Elle lui est totalement liée. Elle est aussi bien au bout de nos doigts de pied que dans notre tête ou dans notre cerveau. C'est simplement une manière de parler, des métaphores qui font que nous pensons que l'âme est plus spécialement dans le cerveau, mais c'est une manière purement naïve de voir les choses. En réalité, l'âme est par tout le corps.

Précisément, ce que Jésus veut nous montrer, c'est que le principe de la vigne, le principe de vie de la vigne, c'est que nous faisons corps avec Lui, le Christ. La vigne c'est Lui. Et comme sarments, nous ne sommes pas extérieurs à la Vigne, mais c'est la même vie qui circule, c'est la même joie : "Que Ma joie soit en vous !" qui passe du cœur du Christ au cœur de l'homme. Cette la même intimité avec le Père que Lui, Jésus, vit qu'Il veut nous faire partager à travers la communication de sa vie et de sa grâce.

Toute grâce, toute vie chrétienne est d'abord et essentiellement partage de vie. C'est vrai que Dieu, par sa transcendance, par son infinitude, nous dé­passe. Mais par la même transcendance, par la même infinitude, Il est totalement à l'intérieur de nous-mê­mes. Donc le mystère de la présence de Dieu n'est pas d'abord un mystère d'extériorité Il est d'abord un mystère d'intimité. C'est le fait que le mystère même de Dieu, l'intimité même qui est au cœur de la vie trinitaire, puisse demeurer, se manifester au cœur même de nos résistances, dans le secret le plus intime de notre être, là où nous-mêmes nous ne pouvons pas encore lire "à livre ouvert" parce qu'il sera seulement ouvert au moment où nous entrerons dans le Royaume de Dieu.

Qu'en relisant cette parabole de la Vigne, qu'en relisant son commentaire, nous réalisions à quel point le désir qu'a Dieu de réaliser une véritable inti­mité, une véritable communion entre Lui et nous, n'est pas basé sur une sorte de communication exté­rieure de Dieu comme s'Il se donnait à l'extérieur de lui-même, car pour Dieu le maximum du don c'est de se donner comme une réalité totalement intime à nous. De telle sorte que, un jour, quand s'achèvera notre vie, quand s'achèvera en nous le travail de la grâce baptismale, cette communication de la vie telle qu'elle est évoquée à travers la métaphore de la vigne, cette intimité commencée en nous durant notre vie sur la terre, s'épanouisse de façon définitive dans l'inti­mité de Dieu, dans son Royaume.

 

 

AMEN

 

 
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