AU FIL DES HOMELIES

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L'EXPÉRIENCE DE LA FOI

1 Tm 1, 15-17 et 1 Tm 3, 16 ; Jn 16, 16-22

Mercredi de la cinquième semaine de Pâques – A

(27 avril 2005)

Homélie du Frère Yves HABERT

 

S

ous peu vous ne me verrez plus, et un peu et vous me verrez". Bien sûr il s'agit, nous le comprenons très facilement, il s'agit de l'expérience des disciples. Ils vont faire l'expérience de la disparition de Jésus, de sa mise derrière une grosse pierre, l'expérience du tombeau qui est cette disparition radicale, et quelques heures après, ils auront la joie de revoir Jésus, mais aussi de manger avec lui, de parler avec lui, de le toucher, comme Thomas. Donc, il y a cette expérience qui est celle des apôtres, qui est le fondement de notre foi, qui est l'expérience de base de toute l'Église.

Et nous, nous ne pouvons pas refaire cette même expérience. Nous n'avons pas dans notre vie spirituelle, dans notre prière, à chercher à voir Jésus, à discuter avec lui, à manger avec lui. Il nous faut passer par une sorte de deuil d'une vision immédiate de Jésus, celle-ci nous est refusée en quelque sorte. Mais les apôtres, parce qu'ils ont vraiment cette expérience de la foi ont vécu les deux expériences. Ils ont vécu l'expérience très particulière, fondatrice, mais ils ont aussi vécu après l'Ascension, un autre rapport à Jésus, et il était nécessaire que l'expérience des apôtres soit totale pour réellement fonder note foi. Il était nécessaire que les apôtres vivent aussi comme nous dans ce régime de la foi qui n'est pas amputation, mais au contraire dévoilement d'une relation avec le Christ.

Cette relation est la métaphore de cette femme qui est sur le point d'accoucher, qui accouche et qui oublie les douleurs de son enfantement dans la joie qu'un homme soit venu au monde, doit nous faire comprendre que nous avons aussi à faire une sorte de travail d'accouchement à faire, chacun d'entre nous. Ce travail d'accouchement est lié par le Christ à une sorte de travail de souffrance. Dans ce même discours après la Cène, on dit que les apôtres auront à souffrir des persécutions, ils auront à vivre la même expérience que Jésus. C'est-à-dire que notre expérience de foi à la suite des apôtres n'est pas quelque chose d'extérieur à nous, mais, parce nous partageons ces persécutions, cette connaissance va devenir intérieure. Il s'agit de se conformer au mystère du Christ, il s'agit de faire passer en nous ce mystère de la croix et de la résurrection, ce mystère de la douleur et de la joie. Il s'agit pour nous d'un travail d'enfantement qui nous fait passer d'une sorte de religion que nous aurions à vivre de l'extérieur, à croire de l'extérieur, mais nous avons à intégrer en nous le mouvement même de la mort et de la résurrection.

Voilà peut-être le secret de cet acte de foi qui nous est demandé, c'est que c'est un acte de foi qui est marqué par le mystère pascal, un acte de foi qui opère en nous une conformité à ce mystère du Christ mort et ressuscité. A ce moment-là, nous rejoignons dans l'acte de foi l'expérience des apôtres.

 

 

AMEN

 

 
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