AU FIL DES HOMELIES

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LA BONNE NOUVELLE QUI DONNE LA JOIE

Col 1, 12-20 ; Jn 15, 9-17

Mercredi de la cinquième semaine de Pâques – CH

(9 mai 2007)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

U

ne certaine usure de notre société ou de notre mode de vie ne nous laisse plus le loisir d'écouter finalement avec attention cet évangile. L'évangile qui est toujours une bonne nouvelle. Peut-être que notre façon de vivre le christianisme fait trop appel à notre volonté, aux choses à faire, aux devoirs à accomplir. Cela ne signifie pas qu'il n'y ait pas des devoirs au niveau de notre engagement dans la foi et dans la mission de cette foi que le Seigneur nous donne lui-même en nous envoyant pour proclamer la bonne nouvelle. Peut-être aussi s'agit-il de recevoir justement l'évangile comme une bonne nouvelle, comme une réalité qui est là pour nous donner la plénitude de la vie et de l'amour de Dieu. Dans ce passage que nous avons proclamé de l'évangile de Jean, il s'agit bien de recevoir d'abord l'amour de Jésus : "Comme je vous ai aimés". Et ensuite de voir non pas tant sous l'aspect : "Je vous commande de vous aimer les uns les autres", mais de prendre conscience que l'ultime parole de Dieu, non pas une parole qui oblige mais une parole qui appelle si fortement qu'elle nous permet de rentrer dans cette dynamique d'accomplir, de vouloir réaliser, parce qu'on connaît cette parole, de pouvoir y vivre pleinement ce que le Seigneur dit, ce que le Seigneur nous demande, de nous aimer les uns les autres.

Là aussi faisons attention, pas sous l'angle de l'obligation d'aimer, car quand est obligé d'aimer, ce n'est plus de l'amour. Parce que nous nous sentons ou nous nous savons aimés, alors, je peux rendre à mon tour cet amour, et la manifester. Le Seigneur nous le dit personnellement : "Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés", il y a deux réalités qu'il ne faut pas oublier: ce commandement nouveau, c'est la joie, c'est pour que notre joie soit parfaite. C'est donc bien une bonne nouvelle, la foi chrétienne, le christianisme est là pour nous rendre heureux, nous remplir de cette joie de Dieu, et que cette joie soit parfaite.

C'est institué par un principe que nous oubliions quelquefois, Dieu n'a que faire d'avoir des serviteurs, il veut des amis. L'amitié, comme le disait sainte Thérèse d'Avila, c'est comme une sorte de commerce, c'est-à-dire d'échange entre Dieu et moi, moi et Dieu, un échange aussi réel que ce que peuvent avoir comme échange, deux amis. On comprendra dès lors que le serviteur ne sait pas ce que veut son maître, tandis que l'ami lui, connaît les volontés, le principe d'action de l'autre, connaît ce que le Père demande. Cette amitié-là induit justement ce que nous pouvons maintenant entendre comme un amour qui n'est plus obligé, car l'amour des amis n'est jamais obligé, mais véritablement un amour gratuit, car Dieu s'est donné gratuitement. Dieu donne gratuitement, et il nous appelle simplement à vivre profondément de cette bonne nouvelle pour que notre joie soit parfaite.

 

AMEN

 

 

 

 
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