AU FIL DES HOMELIES

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UNE NOUVEAUTÉ DÉRANGEANTE

Ga 3, 23-28 ; Jn 16, 18-25

(10 mai 1980)

Homélie de José FABRE

L

 

e Seigneur vient de nous avertir, que l'évangile crée des déchirements, des oppositions. Et cela est visible, non seulement au sein d'une famille où, comme dit le Christ, le père sera opposé au fils, la fille à la mère, dans une communauté où les membres seront divisés par l'appartenance ou la non-appartenance au Christ. Mais cela est visible aussi en chacun de nous où il y a ce tiraillement, selon nos appartenances et nos envies. Nous avons notre vie de famille, nos relations, notre vie professionnelle, notre vie de foi et nous sentons bien, quand nous voulons être vrai qu'il y a à l'intérieur de tout ce que nous vivons des oppositions, des déchirements.

Nous essayons, la plupart du temps par des compromis, hélas, de garder un juste milieu. Mais à force de compromis, nous arrivons à trahir le sens même de nos appartenances, notre vie de foi n'est pas authentique, et dans notre vie professionnelle ou familiale, nous ne sommes pas ce que nous devrions être.

L'évangile d'aujourd'hui nous appelle à un regard lucide sur notre appartenance au monde. Nous pouvons peut-être nous étonner que bien peu de chrétiens au fond puissent poser question au monde. Beaucoup de chrétiens, en effet appartiennent plus au monde qu'au Christ. Beaucoup trop de chrétiens ne sont pas importunés, ne sont pas dérangés, ne vivent pas ce déchirement à 1'intérieur d'eux-mêmes. Peut-être parce qu'ils sont beaucoup plus attentifs aux modes de pensées humains qu'à la parole de Dieu Ils coulent, ils suivent le courant, ils essayent de conserver avant tout leurs relations humaines. Ils essayent de conserver l'approbation de tous et ne voulant déranger personne, ils ne sont dérangés par personne. Beaucoup de chrétiens sont en effet inoffensifs.

Comment s'étonner que tant de jeunes, issus de familles chrétiennes, posent la question que vous avez peut-être entendu tant de fois et que pour ma part j'ai souvent entendu : "Et qu'est-ce que le christianisme apporte de neuf ? Qu'est-ce que cela change?" C'est peut-être parce qu'ils n'ont pas rencontré dans leur famille ou dans leur milieu ce que le christianisme change dans une vie, ce qu'il a porté de neuf dans une vie. Et alors ils n'attendent plus.

Rappelons-nous la phrase du Christ : "Si le sel s'affadit, avec quoi lui rendra-t-on toute sa saveur?" L'évangile d'aujourd'hui nous appelle à un choix, nous rappelle le choix quotidien de notre baptême. Où nous appartenons au monde et alors, ne dérangeant personne, nous ne subirons jamais aucune persécution. Ou alors, nous voulons vraiment appartenir au Christ et chaque jour davantage. Alors sa parole sera notre mode de vie, notre mode de référence. Alors, étant dérangés nous-mêmes par la parole de vie, peut-être dérangerons-nous les autres ? Peut-être bousculerons-nous certains modes de vie, certaines façons de penser, peut-être essuierons-nous des persécutions, des remarques, des sourires ? Mais nous savons, et le Christ vient de nous le rappeler, le serviteur n'est pas plus grand que le maître. Et le Christ a ajouté : "Courage, je suis avec vous jusqu'à la fin des temps".

Alors, demandons au Seigneur, au cours de cette eucharistie qu'il raffermisse au fond de nous, cette foi dont saint Paul nous parlait tout à l'heure, qui nous a faits enfants de Dieu, cette foi qui nous permet de dire comme saint Paul : "Je sais en qui j'ai mis ma confiance".

 

AMEN

 
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