AU FIL DES HOMELIES

Photos

UN NOUVEAU MODE DE RELATION

1 Th 4, 13-18 ; Jn 16, 16-22

Samedi de la cinquième semaine de Pâques – C

(8 mai 2010)

Homélie du Frère Christophe LEBLANC

Montceaux-L'étoile : Les apôtres à l'Ascension

 

E

ncore un peu et vous ne me verrez plus et puis un peu encore et vous me verrez. Quelques-uns de ses disciples se dirent entre eux : qu'est-ce qu'il nous dit là ?" Frères et sœurs, on a le sentiment comprenant un peu mieux ce que Jésus voulait dire, premièrement, il est à deux doigts de mourir, et il va ressusciter, et puis, nous sommes à quelques jours de l'Ascension, il apparaît à ses apôtres et il est à deux doigts de monter au ciel. Jésus reprend tout cela à travers la métaphore de la femme qui enfante : avant, la femme porte son enfant dans son corps, et après l'accouchement l'enfant par définition sort de son corps.

Cela n'est pas faux, attention, mais nous pourrions lire ce "un peu" en disant un peu de temps, alors qu'il n'est pas dit "temps", il est écrit "un peu", nous pourrions très facilement nous contenter de cette explication et considérer que Jésus dit et parle d'un peu de temps et que par conséquent ce dont il est question ici, c'est une sorte de succession d'événements. Un moment, cela ne va pas, et après, cela va mieux ! Jésus est-il simplement en train d'évoquer la succession d'événements liés à la vie ? Je crois que nous pouvons lire le mot "un peu" sous un autre angle. Un peu n'est pas une succession de segments d'événements qui se suivent, un peu c'est peut-être aussi le problème de l'articulation du rapport entre deux choses ou entre deux personnes. Autrement dit, et je file la métaphore sur la femme qui accouche : que se passet-il entre les deux moments. Le rapport à l'enfant à changé. Dans le premier moment, il y a ce rapport extrêmement intime de cet enfant qui grandit et qui se nourrit des éléments du corps de sa mère, et l'instant d'après, la mère doit apprendre à tisser un rapport différent avec son bébé qui est sorti de son corps. L'instant d'avant, les apôtres ont un rapport particulier avec Jésus, parce qu'il est de chair, et l'instant d'après, Jésus meurt, il ressuscite, et ils doivent apprendre à tisser une nouvelle relation avec le Christ ressuscité. Les apôtres ont la chance de voir le Christ ressuscité pendant un certain nombre de jours, l'instant d'après Jésus monte au ciel, ils doivent apprendre à tisser un nouveau mode de relation.

Ce qui est important dans ce passage, c'est que Jésus nous convie à découvrir qu'il est toujours possible, quel que soit l'endroit où nous sommes, d'avoir un contact avec le Christ. Mais nous perdons pied, parce que nous avons l'habitude que cela se passe d'une certaine manière, et du jour au lendemain, c'est autre chose. Pensez au couple, qu'il soit vieux ou jeune, il y a des codes, il y a une manière de vivre, il y a une familiarité, et un jour, le rapport entre le couple va changer. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a plus rien entre le couple, mais il faut qu'il apprenne à tisser un nouveau mode de rapport. Pensez quand on perd un être cher, c'est exactement le même problème. Il y a ce rapport auquel nous sommes habitués, et l'instant d'après, nous devons tisser un nouveau rapport.

Je laisserai à votre sagacité deux choses. La première qui est une référence littéraire, la deuxième plutôt du côté de l'humour. La référence littéraire, c'est ce fameux livre "le Guépard" qui met en scène tout le problème politique en Italie, au moment où le pays est en train de procéder à l'unité de ses états, et il y a cette phrase qui dit : "Pour que rien ne change, il faut changer". La vie chrétienne ne consiste pas à dire il ne faut pas que cela change, on a toujours fait comme ça. Il y a des choses qui évoluent et nous devons changer pour garder toujours notre rapport à Dieu. La deuxième image va peut-être vous faire sourire c'est le jongleur qui jongle avec ses balles et qui, quelquefois essaie de garder une balle sur le front, et pour que cette balle ne tombe pas, il doit à chaque instant rectifier son être pour garder la balle sur le front.

C'est un peu, très peu ce que dit le Christ. Nous devons accepter parfois de perdre pied pour mieux retrouver et tisser une nouvelle relation avec lui.

 

 

AMEN

 

 
Copyright © 2019 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public