AU FIL DES HOMELIES

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LA PRIÈRE DU CHRIST

1 Tm 1, 15-1270 ???et 3, 16 ; Jn 16, 22-33

Samedi de la cinquième semaine de Pâques – C

(12 mai 2007)

Homélie du Frère Christophe LEBLANC

 

F

rères et sœurs, nous lisons actuellement des extraits de ce discours d'adieu de ce ment où Jésus va laisser ses disciples, de ce moment où il leur dit : vous aussi maintenant, vous voilà tristes, je vous verrai de nouveau et votre cœur sera dans la joie. Bien sûr la première lecture de ce discours d'adieu, c'est le Christ incarné, quelques heures avant son arrestation à Gethsémani, avant sa Passion, avant sa mort et avant qu'il ne revienne visiter ses apôtres comme Christ ressuscité. Vous l'avez bien deviné, ce discours d'adieu a un autre écho que nous reprenons et que nous relisons en ces jours qui précèdent l'Ascension. Il ne s'agit plus cette fois-ci du Christ de chair qui meurt et qui ressuscite, et qui vient visiter ses apôtres comme Christ ressuscité, il s'agit maintenant du Christ ressuscité qui après être resté auprès de ses apôtres s'apprête à partir.

Est-ce que Dieu va abandonner ses disciples ? L'Ascension est-elle une fête au cours de laquelle nous célébrons le départ, l'abandon, la séparation, de l'homme et de Dieu ? Je crois qu'il ne faut pas oublier la raison pour laquelle Dieu est venu parmi les hommes. Il n'est pas venu parmi les hommes pour faire une petite visite comme certains dieux ce l'Antiquité. Il n'est pas venu uniquement pour nous sauver dans le sens où ne serait venu que pour nous restaurer et nous faire revenir au point zéro. Avant de monter en-haut, il y a la chute, et puis, on revient au point zéro. Ce n'est pas simplement une restauration, c'est Dieu qui vient non seulement nous restaurer afin de nous tirer vers lui. Ce n'est pas la même chose.

Comment pouvons-nous vivre cette Ascension ? Comment pouvons-nous vivre ce sentiment d'abandon de Dieu ? Un abandon concret, nous l'avons entendu à la fin de l'évangile où Jésus parle à ses apôtres de cette souffrance d'être dans le monde. Je crois qu'on n'a pas besoin de chercher très loin dans notre cœur pour vivre nous-mêmes ce sentiment d'abandon, de délaissement du Christ qui n'est pas avec nous, qui nous a abandonnés. Nous sommes seuls au milieu du monde. Le salut du Christ ressuscité n'est pas uniquement une mise à niveau, mais il va nous permettre de participer à sa vie divine. Comment pouvons-nous participer à cette vie divine ? en ayant ce sentiment d'abandon, en restant sur terre, en sachant que Dieu est maintenant loin dans le ciel ? Je crois que c'est par la prière. Jésus dit dans l'évangile : priez en mon nom. Que demandons-nous quand nous prions ? La prière la plus parfaite n'est-elle pas celle du Christ dans le jardin de Gethsémani qui à la fois, dit à son Père : éloigne de moi cette coupe, mais si je dois la boire, je la boirai. La prière, la présence de l'homme auprès de Dieu ne se signifie pas par le réconfort, par la joie, par, par, par … elle se signifie à travers une communion qui malgré tout, malgré l'arrestation, malgré la Passion, est une communion qui demeure. Quand Dieu nous propose de vivre la vie divine, il nous propose non pas une vie tranquille, une petite promenade dans la campagne, mais il nous dit que la vie divine c'est d'être toujours en communion comme moi, Jésus, je suis toujours en communion avec mon Père et c'est ce que je vous propose. Cette communion est difficile, et le cœur même de la plus grande communion que le Fils a pu vivre dans la plus grande détresse, c'est cette prière à Gethsémani, et c'est la Passion.

C'est vrai, ce n'est pas du tout pour juger, parce que c'est sûr, je suis comme vous, nous nourrissons plus facilement notre prière en disant à Dieu: fais que cette coupe nous n'ayons pas à la boire. Mais la prière du Christ, c'est : oui, je préfèrerais ne pas devoir boire cette coupe de souffrances, parce que c'est insupportable, je n'en découvre pas le sens, parce que je crois que tu ne m'as pas créé pour cela. Et le Christ est celui qui de toute sa vigueur et de sa force dit : oui, je ne veux pas boire cette coupe, mais si telle est ta volonté je la bois. Pourquoi ? parce que ce qui m'importe le plus, c'est de ne pas être séparé de toi.

Frères et sœurs, que nous puissions découvrir à travers les différents textes qui nous préparent au jeudi de l'Ascension, que nous puissions découvrir que ce que Dieu nous propose, c'est non seulement de nous restaurer dans notre image de Dieu, mais que le cœur même de cette image de Dieu que nous avons reçue, c'est de vivre en communion les uns avec les autres, en communion avec Dieu, et que notre prière, même s'il est normal quelquefois de la nourrir de demandes personnelles, la seule, la vraie prière, l'unique prière que Dieu nous demande, c'est la prière de son Fils, cette prière dans laquelle nous demandons à Dieu, quelle que soit notre souffrance, quel que soit l'endroit où nous en sommes, de ne jamais être séparé de lui.

 

AMEN

 

 

 
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