AU FIL DES HOMELIES

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QUITTER DIEU POUR DIEU

2 Co 5, 14-18 ; Jn 16, 5-11

Vendredi de la cinquième semaine de Pâques – C

(18 mai 2001)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

L

e Christ est venu dans le silence et dans l'hu­milité de son Incarnation. On aurait pu ne pas le reconnaître, Il aurait pu passer totalement inaperçu, Il en a rassemblé si peu, si difficiles à convaincre. Et à peine convaincus ou à peine certains que Dieu était présent dans cet homme, non seule­ment présent, mais Lui-même en personne, Il annonce son départ, et Il les malmène avec ce départ. Il leur impose un autre mouvement, une autre tristesse, un autre deuil. Il le dit avec autorité : "Car si je ne m'en vais pas, le Paraclet, ce que Dieu a promis en plus, ne viendra pas". On entend d'ailleurs par-derrière, cette phrase qui devait retentir dans le cœur des apô­tres lorsqu'ils entendaient cette Parole, et qui est cette parole de Marie-Madeleine qui veut le retenir au jar­din de la Résurrection, et le Christ dit : "Ne me retiens pas !" Comme s'il fallait que le Christ se sépare de nous, s'arrache à nous, à la prise que nous pouvions avoir sur Lui, pour que quelque chose de Dieu, de Lui, donc de l'Esprit qui le prolonge vive et soit actif en nous. Ainsi, ce départ du Christ, cette séparation d'avec les hommes dans ce temps qui inaugure et an­ticipe la Pentecôte, est un temps de vie pour nous. Le Christ qui se sépare, qui part, qui s'arrache à nous, comme Il s'est arraché aux apôtres, contrairement aux apparences n'est pas une sorte de démission ou d'abandon, mais une invitation à le recevoir autre­ment. Je crois que ce petit passage, ce n'est pas du tout évident à commenter, je n'ai pas la prétention de vous en donner tout l'interprétation, il y a d'ailleurs des choses que je ne comprends pas du tout, et cela fait vingt ans que je ne comprends pas, peut-être qu'un jour je comprendrai ou qu'un frère l'expliquera, mais en tout cas, il y a un fait qui m'apparaît plus clai­rement ce matin, c'est la tristesse qui remplit les cœurs, comme le Christ le dit Lui-même, tristesse nécessaire pour que quelque chose d'un autre ordre de relation intervienne dans notre vie avec Dieu et qui n'est pas celui que nous pourrions créer s'Il était là présent dans sa chair. Ce nouvel ordre des choses, nous ne pouvons le créer que s'Il est là non maîtrisa­ble, tout à la fois en étant là et en s'échappant de nous. Ce double mouvement inaugure quelque chose de l'Esprit Saint, le souffle traversant plus subtilement les choses de notre vie, à la fois plus universellement et intimement présent, sans bruit, sans "effet". L'effu­sion divine que nous connaissons dans l'Ancien Tes­tament n'est plus au programme, il y a une sorte de venue tranquille de l'Esprit saint qui pénètre, atteint, les articulations profondes de notre vie. Mais pour cela, il faut que nous ayons accepté ce départ du Christ, cette séparation qui inaugure une autre relation qui est celle dont nous vivons actuellement. Nous avons à quitter Dieu pour Dieu, c'est cela l'expression, c'est cela le mouvement que le Christ nous propose en ce jour qui nous prépare à vivre non seulement son départ vers le Père en la fête de l'Ascension, mais surtout à recevoir dans le jour de la Pentecôte, l'Esprit total de Dieu.

 

 

AMEN

 

 
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