AU FIL DES HOMELIES

Photos

L'ÉGLISE EN TROIS TABLEAUX

Ac 4, 32-37

(22 avril 2004)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

Cernay-l'église : Autel des apôtres

L

e livre des Actes des apôtres nous présente le second tableau de la communauté chrétienne. En effet, il est certain que le chiffre a une importance, il y a trois tableaux de la communauté chrétienne, dans les Actes des apôtres. Nous avons déjà lu le premier où il nous était présenté une communauté chrétienne assidue à la prière, à la communion fraternelle, à la fraction du pain, et aussi sur le fait déjà que tous les croyants ensemble mettaient tout en commun, qu'ils vendaient leurs propriétés. On dit aussi dans ce premier tableau que de plus en plus, les gens s'agrègent à la communauté chrétienne et ils finissent en louant tous Dieu dans le Temple.

Le second tableau qui nous est donné aujourd'hui insiste davantage sur le fait que la multitude des croyants, reprenant ce qui est dit dans la premier tableau, n'avaient qu'un seul cœur, une seule âme, et cette unique âme et cet unique cœur se manifestent tout particulièrement dans la communauté des biens : "Nul ne dit sien ce qui appartient en fait, à tous".

Le troisième tableau insistera plutôt sur le fait qu'ils sont unis, et que toujours des personnes de pus en plus nombreuses s'adjoignent à la communauté chrétienne, mais on insistera plus sur le fait que Pierre et les apôtres témoignent et guérissent de nombreux malades. Nous y retrouvons là les trois fonctions de l'Église : marturia, diaconia et liturgia. C'est-à-dire le fait que l'Église est appelée à célébrer son Seigneur, à œuvrer dans cette liturgie, la première des fonctions, à rendre grâces. La deuxième fonction, marturia, c'est de témoigner, c'est ce qui est dit d'ailleurs dans le second tableau : "Avec grande puissance, ils rendaient témoignage à la Résurrection de Jésus". Et ce témoignage est surtout développé me semble-t-il dans le troisième tableau par les guérisons nombreuses opérées par Pierre et Jean.

Le second tableau finalement insiste sur ce qu'on pourrait appeler la diaconiat, c'est-à-dire le service, la diaconie de l'Église. Je pense que c'est la diaconie, parce que tout simplement le service doit servir la communauté chrétienne, et c'est la communauté chrétienne elle-même qui bénéficie de la diaconia. Nous avons trop souvent l'idée que rendre service fait partie de ce qu'on appellera la charité chrétienne, il faut bien faire quelque chose quand on se dit chrétien. Mais à y réfléchir d'un peu plus près, vous le savez bien mieux que moi, il y bien des gens qui ne sont pas chrétiens et qui sont parfois bien plus charitables que certains chrétiens qui viennent à la messe tous les jours. Ce qui nous incite à réfléchir sur cette diaconia de l'Église, c'est d'essayer de comprendre que c'est parce que les chrétiens ne considèrent pas que quelque chose puisse leur appartenir, mais que tout ce qui est l'intérieur de la communauté chrétienne appartient à tous. C'est ce qu'on appellera le bien commun. Le deuxième tableau dit : "Nul ne dit sien ce qui ne lui appartient pas, et chacun trouve ce dont il a besoin". Chacun peut finalement, être honoré pour ce qu'il est et dans ce dont il a besoin. Je crois que c'est véritablement cela la diaconia, c'est de considérer que non pas les chrétiens doivent bien faire un effort pour être charitables, mais c'est que vivant la communauté bien, ils vivent donc une des fonctions de l'Église, sa nature, ils vont à l'essence même de ce qu'est l'Église, et ils forment une communauté. Il est vrai que c'est une des difficultés de nos communautés à l'heure actuelle, c'est que personne, ou alors de très rares groupes, mettent absolument tout ce qu'on gagne en semble, sans distinction et il n'y aurait qu'à puiser au fur et à mesure dans ce qui nous serait nécessaire tous les jours. C'est vrai que c'est difficile. On réserve éventuellement aux communautés monastiques ou religieuses, le fait de vivre en commun, en puisant tous dans la même caisse, sans regarder ce que l'un a apporté et s'il a apporté plus que son voisin.

Ce qu'il faudrait en revanche, avoir conscience, et vivre, c'est que tout ce qui est à l'Église appartient à tous. Lorsque nous faisons un acte dit "de charité", nous ne le faisons pas pour nous-mêmes, mais nous le faisons du cœur de cette communauté, de cette communion même que représente l'Église et donc la communauté chrétienne comme notre communauté chrétienne. Cela permet ainsi de ne pas tomber dans le désir de posséder à travers ce que l'on fait, ou de croire que cela vient de soi, par rapport à ce que l'on dit, ce que l'on est, mai que le véritable trésor de l'Église est donc sa véritable charité, c'est la communion qui existe entre les uns et les autres. Que personne qui participe à l'action ou à la grâce que transmet Dieu par l'intermédiaire de l'Église, que personne ne puisse dire : c'est à moi, mais rende grâce pour ce fait que c'est la communauté qui nous porte et nous envoie, c'est la communauté qui nous donne ce si grand nombre de chrétiens.

 

AMEN


 

 

 
Copyright © 2019 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public