AU FIL DES HOMELIES

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NOTRE FOI EN LA RÉSURRECTION

Ac 4, 32-37 ; Mt 28, 8+11-15

Jeudi de la deuxième semaine de Pâques – A

(3 avril 2008)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

F

rères et sœurs, les textes de la liturgie d'aujourd'hui ne nous apportent pas d'événements tout à fait originaux et décisifs, mais pleins de petits détails. Par exemple, dans le texte des Actes, il y a à trois reprises, des tableaux d'ensemble de la communauté chrétienne naissante, et c'est le cas du texte que nous avons entendu, tout est centré sur la mise en commun des biens, cette sorte de prélude à ce que sera plus tard la vie religieuse où les moines et les religieux mettent en commun tous leurs biens et qui semble avoir été l'idéal de la première Église de Jérusalem. Cela nous amène à une première mention d'un personnage qui sera très important dans le début de l'évangélisation, Barnabé. C'est lui qui introduira Paul dans l'Église, à Tarse, à Jérusalem, à Antioche et qui entreprendra avec Paul les premières missions d'évangélisation de l'Asie Mineure qui déborderont ensuite jusqu'à Rome et aux limites du monde Antique.

C'est donc intéressant de remarquer qu'ici pour la première fois apparaît ce personnage de Barnabé qui était lévite à Chypre et qui a donné le champ qui lui appartenait pour subvenir aux besoins de la communauté chrétienne naissance.

Dans l'évangile, c'est un peu différent. Tout d'abord remarquons que l'évangile nous dit que les saintes femmes pleines de joie coururent porter la nouvelle de la résurrection du Christ aux disciples. C'est exactement le contraire de ce que nous avons lu hier dans l'évangile de Marc, où l'on nous dit que les saintes femmes effrayées, apeurées, ne dirent rien à personne. C'est une manière de nous rendre compte que les récits évangéliques et en particulier ici ceux de la résurrection, ne sont peut-être pas des copies conformes comme dans un procès-verbal d'un accident de la route, mais il s'agit de la mémoire que l'Église a gardé des événements, et si l'évangile de saint Marc est peut-être plus vraisemblable, car il insiste sur cette stupéfaction des saintes femmes et ensuite des apôtres, donc de ceux qui vont être l'Église naissante, leur stupéfaction devant cet événement inouï qu'est la résurrection du Christ. Saint Matthieu, probablement dans une rédaction un peu plus tardive, insiste sur ce qui nous paraît naturel, l'explosion de joie des disciples devant le fait que le Christ soit vainqueur de la mort. Mais il est probable que la première réaction a été celle dont nous parle saint Marc et que c'est ensuite seulement, d'ailleurs grâce aux apparitions du Christ qui est venu apporter la paix à ses disciples que la stupéfaction, l'incrédulité a laissé place à la joie et d'ailleurs, et les textes de saint Marc nous disent bien que Jésus reproche aux disciples leur incrédulité.

Le texte de saint Matthieu nous apporte aussi un autre développement qui n'existe que dans ce texte, c'est l'explication que nous donne saint Matthieu du fait qu'une fable s'est colportée parmi les juifs, que les disciples étaient venus dérober le corps du Christ pour faire croire qu'il était ressuscité et que c'était une supercherie. Ce récit que saint Matthieu traite de fable, puisqu'il est justement la négation de la résurrection, a probablement été effectivement colportée pendant un certain temps et Matthieu en donne une explication : ce sont les grands-prêtres qui auraient proposé de l'argent aux gardes pour qu'ils disent que les disciples étaient venus dérober le corps. Ils le disent d'ailleurs de façon très maladroite, puisque comme le remarque saint Augustin dans un commentaire de ce passage, les soldats disent : "Pendant que nous dormions les disciples sont venus dérober". S'ils dormaient, comment ont-il pu voir les disciples venir dérober le corps de Jésus ? C'est une bien mauvaise explication.

Voilà quelques petits traits qui entourent la résurrection de Jésus, qui ne sont pas fondamentaux pour notre foi, qui sont intéressants, surtout par la manifestation qu'ils nous donnent de la première rédaction des évangiles et de cette rumination première de l'Église naissante autour de ces événements tellement inouïs qui donnent lieu à toutes sortes d'interprétations et de manières de se positionner par rapport à cette résurrection. Cela ne touche pas à notre foi puisqu'elle ne repose pas sur le témoignage des soldats, mais notre foi qui elle, est enracinée dans la manifestation de Jésus vivant au-delà de la mort, qui s'est ensuite révélée aux apôtres, aux saintes femmes, nous le savons et c'est sur leurs témoignages que repose notre foi en la résurrection du Christ.

 

 

AMEN

 

 
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