AU FIL DES HOMELIES

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MENACES D'INCRÉDULITÉ

Ac 4, 23-31

(20 avril 1993)

Homélie du Frère Michel MORIN

Difficile à croire !

R

etenons un seul trait de ces deux textes, celui qui leur est commun, l'incrédulité. D'abord l'incrédulité qui nous menace dans l'évangile et les menaces qui viennent de l'incrédulité. Dans cette péricope de l'évangile de Marc, à deux reprises il est dit : "Ils ne crurent pas ceux qui annonçaient que Jésus est ressuscité." Marie-Madeleine l'avait vu et elle-même a eu de la peine à croire. Et quand elle va l'annoncer aux compagnons, ils ne la crurent pas. Puis quand les deux disciples d'Emmaüs viennent annoncer aux disciples qu'ils ont vu Jésus, ils ne crurent pas non plus. Jésus Lui-même, lors d'une apparition reprochera à tout le monde leur incrédulité," leur obstination à ne pas ajouter foi à ceux qui L'ont vu". Il y a dans notre foi, dans notre cœur, continuellement, une menace d'incrédulité.

Nous, aujourd'hui, nous pouvons croire uniquement sur le témoignage de ceux qui l'ont vu comme au début. Nous ne croyons pas de nous-même à nous-même. Ce n'est pas une conviction que nous nous forgeons personnellement ou individuellement pour les besoins de la cause ou d'autres causes d'ailleurs, c'est une réception de l'expérience de ceux qui l'ont vu. Cette foi ne touche pas uniquement la personne du Christ ressuscité, mais elle touche la vie du Ressuscité. La vie du Ressuscité nous est donnée par l'Église. Et notre foi en l'Église du Christ ressuscité, en cette unité entre l'Église et le Christ ressuscité comme un seul corps et sa tête, cette foi est souvent chez nous fragile, difficile. Parfois nous retirons à l'Église la part de cette foi que nous devons lui donner pour son mystère et nous nous obstinons à ne pas donner foi ou confiance à ceux qui sont chargés de transmettre, non seulement le fait que le Christ est ressuscité, mais les conséquences que cela doit avoir pour notre vie personnelle et collective. Nous sommes des croyants souvent pratiquement incrédules.

Dans le passage des Actes des apôtres, il est aussi question d'incrédulité mais des menaces de l'incrédulité sur l'extension du message du Christ ressuscité. Il est question des persécutions que subissent les apôtres, justement, de la part de ceux qui ne croient pas. Et eux-mêmes, dans la prière qu'ils adressent au Seigneur, demandent de "considérer ces menaces" parce qu'elles sont en train de fragiliser leur assurance pour annoncer la Parole. Ces menaces, aujourd'hui encore, existent. Elles ne prennent peut-être pas la forme publique et officielle, en tout cas pas pour nous, des persécutions, mais elles peuvent être aussi réelles et parfois beaucoup plus insidieuses. Ces menaces existent et parfois aussi, devant ces menaces, nous sommes d'une timidité, d'une crainte, d'une peur réelle pour annoncer cet évangile du Christ ressuscité.

Incrédules par rapport à Lui ou à l'Église, peureux et craintifs à cause des menaces qui viennent d'un monde incrédule, alors de la foi que reste-t-il ? Nous ne recevons plus grand-chose et nous en annonçons encore moins. Qu'en cette eucharistie le Christ vienne encore exaucer cette prière de l'Église : "Considère les menaces, Seigneur", notre incrédulité et celle qui nous entoure," afin de permettre à tes serviteurs d'annoncer Ta Parole en toute assurance."

 

AMEN


 

 

 

 
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