AU FIL DES HOMELIES

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ILS DONNÈRENT UNE FORTE SOMME D'ARGENT

Ac 2, 42-47 ; Mt 28, 8+11-15

Mardi de la deuxième semaine après Pâques – C

(15 avril 1980)

Homélie de José FABRE

L

 

e Verbe de vie est venu chez les siens, et les siens ne l'ont pas reçu, nous dit saint Jean. Il est en effet curieux de voir comment les hommes se sont dressés de tout temps contre celui qui était venu, justement, les sauver.

A peine venu parmi nous, au moment de sa naissance, voilà qu'à travers Hérode, les hommes veulent supprimer cet enfant et c'est l'exil. Le Christ va échapper et il reviendra. Pendant tout le temps de sa vie cachée, au moment où il ne dérange personne et où il reste méconnu, les hommes le laissent tranquille. Mais aussitôt qu'il entre dans la vie publique, alors de nouveau les forces d'agressivité se déchaînent. Dans l'évangile, maintes fois, il nous est dit qu'on avait essayé de le saisir de le lapider, de le jeter par-dessus les remparts de Nazareth. Chaque fois, le Christ, traversant la foule, échappait à leur saisie.

Jusqu'au jour où ils l'ont véritablement saisi et l'ont crucifié. Alors le Sanhédrin et tous ceux qui lui étaient hostiles pouvaient dire : cette fois-ci, nous l'avons supprimé de la carte des vivants. Et voici qu'au matin de Pâques, il y a ce tombeau vide qui a troublé certains de ceux qui avaient cru le supprimer. Serait-ce vrai ces rumeurs de résurrection dont il nous parlait de temps en temps ? Et dans le film Jésus de Nazareth, on voit ce membre du Sanhédrin entrer dans le tombeau vide et dire : "Tout ne fait que commencer !"

Alors, c'est pour empêcher que tout ne commence que, comme nous venons de l'entendre, on va une fois encore, essayer de supprimer Jésus, en tuant sa résurrection, en essayant de faire courir cette légende qu'on avait pris son corps pour le dérober. Nous savons, nous en sommes les témoins ce matin, que par-delà les siècles, la résurrection de Jésus-Christ a suivi son chemin. Jésus nous a dit : "Je suis le chemin, la vérité et la vie". Or un chemin va toujours jusqu'au bout de sa route, et la vérité va toujours jusqu'au bout de sa route, car nous dit Blaise Pascal : "La vérité est portée par Dieu qui la défend contre la violence qui veut l'opprimer".

De tout temps, les hommes ont été en état d'agressivité contre ceux qui les gênaient sur leur route. Et depuis le meurtre d'Abel, en passant par le meurtre de Jésus-Christ, jusqu'à de nos jours le meurtre de Martin Luther King ou d'un cardinal Romero, les hommes ont toujours supprimé par la violence ou en essayant d'acheter, comme nous l'avons vu tout à l'heure des silence ou des complicités, ceux qui les dérangeaient.

Le poète Lamartine dit que "toute vérité saigne du sang d'un martyr". Et le Christ continue à saigner, le Christ continue à être supprimé, étouffé, annihilé chaque fois que des hommes ou des femmes sur la surface de la terre, sont mis en prison, torturés, portés disparus parce qu'ils étaient porteurs d'une vérité qui dérangeait les autres.

Alors, dans cette messe, portons le péché de l'humanité, portons cette agressivité qui est en chacun de nous, dont nous sommes solidaires. Portons les appels de la dignité des hommes chaque fois que l'on veut supprimer en eux la vérité qu'ils portent. Et demandons au Seigneur, qu'il nous rende de plus en plus amoureux de sa lumière et de sa vérité.

 

AMEN

 
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