AU FIL DES HOMELIES

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NOUS DORMIONS

Ac 4, 8-21 ; Mt 28, 8+11-15

Actes 4, 8-21, Matthieu 28, 8+11-15

Mardi de la deuxième semaine du temps pascal – B

(20 avril 1982)

Homélie du Frère Michel MORIN

Nous n'avons rien vu !

L

 

a leçon de cet évangile est très simple et très actuelle. Dès les premières heures de la résurrection, il y a eu de fausses interprétations de l'évènement historique dont ont été témoins les apôtres et leurs gardes. Comment peut-on fonder un témoignage lorsqu'on dit : "Nous dormions et les disciples sont venus chercher son corps" ? C'est, de fait, pure imagination, pur mensonge et c'est de là que vient cette supercherie. Il ne faut pas nous étonner si encore aujourd'hui il puisse y avoir de fausses interprétations de l'évènement historique de la Résurrection du Christ Jésus. Cela dure depuis le début de l'Église, depuis les premières heures de la vie du Christ ressuscité. Et, nous le savons bien, il nous arrive parfois d'être étonnés ou choqués en écoutant certaines émissions télévisées ou radiodiffusées, en lisant certaines revues, de voir que la clarté n'est pas tout à fait nette quand il s'agit d'affirmer, avec foi, cette résurrection dans la chair, inscrite dans notre histoire de Jésus le Fils de Dieu. Et, à vues humaines, on peut, de fait, donner bien des explications, qu'elles soient d'ordre sociologique, politique ou de façon plus fine et en même temps plus pernicieuse de façon psychologique. Comme si les apôtres aimant tellement Jésus et ne le voyant plus, auraient eu l'hallucination de voir son corps, de voir son visage. Ou comme si les apôtres n'arrivant pas à croire, ne pouvant plus croire la promesse de Jésus se réaliser n'auraient cru en sa résurrection qu'après la Pentecôte. Cela, ce n'est pas du tout la version que nous a laissée l'évangile et la prédication de l'Église.

Devant ces hésitations de la part de théologiens qui sont parfois beaucoup plus intellectuels que croyants, il nous faut tout de suite revenir à ce que disaient Jean et Pierre. "Nous ne pouvons pas ne pas publier ce que nous avons vu et ce que nous avons entendu." Or c'était bien Pierre et Jean qui furent les premiers des disciples à voir le tombeau vide et à croire que Jésus était bien ressuscité, comme Il le leur avait promis.

Frères et sœurs, toute prédication dans l'Église, prend sa source dans le témoignage oculaire des apôtres. Toute mission d'annonce de Jésus-Christ comme le seul qui puisse sauver le monde, ne peut prendre sa source que dans le témoignage des apôtres. C'est pour cela, et d'abord pour cela, que nous croyons l'Église apostolique. Et tout son apostolat, toutes ses activités n'ont pas d'autre sens que de faire en sorte que cette source vivante de la résurrection du Christ puisse s'étendre et vivifier le cœur de tous les hommes, car c'est en cette source seule qu'ils peuvent trouver le salut. Mais il faut être extrêmement prudent car cette source peut être frelatée, peut-être vite abîmée.

Qu'en cette eucharistie nous priions ensemble, en relisant ces textes de la Pâque du Seigneur, de cette Pâque qui s'accomplit dans la formation de l'Église, par le ministère des apôtres, qu'en cette eucharistie, nous puissions prier ensemble afin que, pasteurs et fidèles, nous soyons toujours affirmatifs, sans ambages, sans hypothèses, et sans nuances, dans cette affirmation que c'est la Résurrection du Christ dans son évènement historique qui fonde notre foi, notre activité et le salut de tous les hommes.

 

AMEN

 
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