AU FIL DES HOMELIES

Photos

TRADITION DE LA FOI

Ac 4, 8-12 ; Mc 16, 1-8

Mardi de la deuxième semaine du temps pascal – C

(4 avril 1989)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

Q

uand on compare ce passage de Marc avec l'ensemble de son évangile, il est frappant de constater à quel point le style est différent. Les exégètes reconnaissent que cette "finale de saint Marc" n'est pas de la plume même de Marc, mais a été "ajoutée". Peut-être a-t-on perdu la première fi­nale, en tout cas nous avons là un témoignage de la première génération chrétienne. Loin de nous ef­frayer, une telle supposition exégétique un peu tech­nique, met l'accent sur ce qu'est réellement "la tradi­tion", la transmission de la foi en la Résurrection. Même si cette finale n'est pas de saint Marc, il n'en est pas moins vrai que ceux qui ont voulu terminer l'évangile de Marc ont voulu le faire dans les mots même que les évangélistes avaient ouverts en annon­çant de ce qu'est une tradition et en quoi elle est vi­vante.

C'est comme un souffle profond de l'Esprit qui inspire à des hommes, qui se succèdent de géné­ration en génération, non pas les mêmes mots ni le même style, mais la même foi. La Tradition c'est ce qui vient de plus loin que nous, s'enracinant même dans le témoignage des apôtres, car notre foi repose sur la foi des apôtres, et à travers nos propres mots, notre propre culture, nous fait dire la même foi, la même proclamation de la Résurrection. On pourrait prendre pour exemple non plus la finale de Marc, les différentes gloses qu'on a pu ajouter ça et là, mais la façon dont nous transmettons nous-mêmes la foi.

Benoît a été baptisé la nuit de Pâques, car progressivement, à travers différentes années, à tra­vers les jours, lui a été transmise la foi que lui-même transmettra un jour. Le lien qui unit notre commu­nauté par la foi, le lien qui nous unit à Benoît est la preuve manifeste que la tradition est toujours vivante. le fait même que, dans son langage d'enfant, dans sa façon d'être et à son âge, Il a demandé le baptême pour recevoir la vie de Dieu et la reçoit dans les ter­mes mêmes où nous-mêmes l'avons reçue, et la transmettra dans ces mêmes termes, même si les colo­rations psychologiques, humaines lui donneront des caractères particuliers, ceci est la preuve même que quelque chose nous dépasse et passe à travers nous.

Il est vrai que pour les parents il est souvent difficile d'être à la fois acteurs moteurs de cette tradi­tion, sans pour autant enfreindre leur liberté, mais pour qu'elle s'enracine dans le cœur de ces enfants auxquels ils désirent transmettre leur foi. Mais il est un fait que cela nous demande d'être humbles pour comprendre que la transmission n'est pas le fruit de l'action ou de la volonté humaine, mais vient du cœur même de Dieu qui souffle, en chacun de nous, la promesse de la Résurrection et nous la fait proclamer au monde entier.

Que cette finale soit ou non de saint Marc, peu importe puisque nous avons là la preuve mani­feste que la tradition est vivante, qu'elle est vraie, qu'elle est réelle, qu'elle est concrète et qu'elle s'acharne à proclamer la foi en la Résurrection, celle que nous confessons. Aussi nous pourrions conclure avec les mots mêmes de saint Paul : "Pour nous, au­jourd'hui, il s'agit simplement de le connaître, Lui le Christ, avec la puissance de sa Résurrection, lui de­venir conformes dans sa mort, afin de parvenir à res­susciter d'entre les morts."

 

AMEN

 

 

 
Copyright © 2019 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public