AU FIL DES HOMELIES

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LA FOI OU LES SIGNES

Ac 4, 23-31 ; Mc 16, 9-18

Mardi de la deuxième semaine de Pâques – C

(28 avril 1992)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

J

e relève un point commun entre les deux textes de ce jour, celui des Actes des apôtres et celui de Marc. C'est à la fois une perspective propre aux croyants qui est la foi et le signe.

Dans la première lecture, les apôtres font l'apprentissage de l'annonce de la foi en Jésus Ressus­cité, alors même qu'ils connaissent déjà la persécution et qu'on leur demande de taire ce qu'ils savent. Pour eux il est impossible de ne pas annoncer ce en quoi ils croient. Mais cette foi n'a pas été évidente dès le dé­but car une des choses que le Christ reproche aux apôtres, c'est leur incrédulité. Ils n'ont pas cru au té­moignage de Marie de Magdala, ils n'ont pas cru à ces deux disciples de retour de la campagne qui ont vu le Christ Ressuscité. Marc précise : "Il leur reprocha leur incrédulité et leur obstination à ne pas ajouter foi à ceux qui L'avaient vu ressuscité !" Donc les apôtres ne sont pas dispensés de la foi. Ils ne sont pas dispensés de faire en eux-mêmes ce pas qui consiste, pour un homme, à faire confiance dans la fidélité au Seigneur Ressuscité. Foi, confiance, fidélité ont la même origine. Il s'agit donc pour eux de s'appuyer sur le Seigneur et de témoigner pour tous les hommes que le Christ agit dans leur cœur et dans le cœur de tous ceux qui croient en Lui.

Cette action de Jésus dans le cœur de ceux qui ont la foi est accompagnée de signes. "Allez annoncer ! Baptisez et ceux qui auront cru en mon Nom, ils chasseront les démons, parleront en langues, impose­ront les mains aux infirmes qui seront guéris !" Dans les Actes des apôtres il y a exactement le même schéma : la foi s'accompagne des signes : "Etends les mains pour opérer signes et prodiges par le Nom de tons saint Serviteur Jésus !" La foi n'est pas simple­ment la croyance en un acte passé et révolu mais c'est une mise à disposition devant le Seigneur vivant, res­suscité dont le dynamisme de la Résurrection agit au cœur de notre vie. C'est pourquoi, à l'heure actuelle, la foi s'accompagne pour nous aussi de signes. Et il nous faut reprendre ce que vivent pour eux-mêmes les apôtres qui relisent "les signes opérés par Dieu." Dans l'histoire en général mais aussi dans leur propre histoire.

Il est intéressant de noter que dans la prière que développent et que font les apôtres, il y a d'abord la constatation que Dieu est créateur, donc à l'origine de cette vie. "C'est Toi qui as créé la terre, la mer et tout ce qui s'y trouve !" Puis l'action de Dieu dans le passé, "C'est Toi qui as dit par l'Esprit Saint, par la bouche de notre père David ton serviteur : Pourquoi cette arrogance chez les nations ?" Au moment même où les apôtres vivent et comprennent l'Ecriture, elle s'accomplit et se réalise dans leur propre vie. "C'est maintenant que ce que Tu as dit se réalise !" C'est maintenant, finalement, une nouvelle création. "C'est dans la puissance et la sagesse que Tu avais déter­miné par avance que tout se réalise".

Il nous faut donc, nous aussi, savoir relire, à travers les événements de l'histoire et notre propre histoire, cette action de Dieu qui, comme un pédago­gue, nous enseigne et nous apprend à le connaître et à l'aimer. C'est pourquoi seul le regard de la foi qui est un regard intérieur va permettre cette relecture de l'action du Christ ressuscité. Et notre propre foi c'est un mémorial. Cela signifie que nous nous souvenons certes, nous "faisons mémoire" quand nous célébrons le Seigneur, mais cette action c'est le Seigneur qui la réalise comme Il l'avait déterminée par avance. Sa­chons donc, dans notre propre vie de foi, non pas croire que nous célébrons un événement passé, mais que la Résurrection agit au plus profond de notre vie, de notre cœur, que l'Ecriture nous permet de relire notre propre vie, notre propre histoire à la lumière de Dieu créateur, et que cela se réalise par des signes notamment la vie sacramentelle qui nous permet de constater l'action de Dieu dans notre propre vie.

Voilà ce que, dans ce dynamisme de la Résur­rection, de la vie pascale du chrétien doit laisser en nous surgir la lumière, la vie, l'amour de Dieu qui vient racheter toute chose, qui est à l'origine et qui nous demande simplement cet acte de foi l'espace de notre liberté et va faire de nous des hommes debout, pouvant témoigner que Dieu est réellement Celui qui agit au cœur de notre vie pour la sauver et qui nous en laisse un signe permanent de son amour que nous retrouvons et que nous recevons entre autres dans l'eucharistie.

 

 

AMEN

 

 
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