AU FIL DES HOMELIES

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PASSER DU VENDREDI-SAINT AU SAMEDI-SAINT

Ac 4, 13-21 ; Mc 16, 9-18

Mardi de la deuxième semaine de Pâques – B

(12 avril 1994)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

Q

uand nous sommes confrontés à un deuil, il nous faut passer du Vendredi saint au Samedi Saint, de ce moment crucial, infranchissable de la mort au moment du repos et de la paix, symbolisé par le Samedi Saint. Il nous faut passer à travers la violence de la mort qui se réitère sur nos vies humai­nes, il nous faut traverser ce mur, pour trouver dans la vie un moment de repos, de paix qui peut être encore accompagné par une certaine douleur, mais qui ap­prend, dans la durée, à attendre. Le samedi-saint est l'exemple même de ce que nous pouvons vivre avec ceux qui nous ont quittés, tout en recevant d'eux la paix qui coule dans leur cœur puisqu'ils sont "en Dieu" et recueillis par la tendresse du Père. Et en même temps ce samedi-saint donne le premier frémis­sement de la Résurrection qui, touchant en premier ceux qui nous ont quittés, par le fait même qu'ils nous aiment et nous aiment toujours, nous touche aussi.

La résurrection annoncée comme vous l'avez entendu dans l'évangile de Marc gagne comme un feu, gagne de point en point ceux qui se laissent toucher. La résurrection n'est pas simplement comme une sorte d'explosion de la vie proclamée par Dieu en ce temps de l'apparition du Christ aux apôtres, mais c'est un feu qui demande à chacun de s'y ajouter pour que ce feu, gagnant les cœurs humains, embrase un jour l'univers entier dans son histoire.

On pourrait définir un chrétien comme un homme qui attend, parfois impatiemment, parfois avec repos et paix, la résurrection pour lui et pour le monde. Et la grande leçon que nous recevons de ceux qui nous ont quittés, c'est une sorte de compagnon­nage qui, au long de notre vie, lorsque nous pensons, lorsque nous aimons, lorsque parfois nous souffrons de leur absence, nous apprend à creuser en nous un amour plus profond, plus purifié certainement, et en même temps le sentiment que les liens qui m'unissent à la personne que j'ai aimée et qui a disparu, ne s'effa­cent pas du tout dans le temps et que même ils s'ap­profondissent, ils s'intensifient et que j'ai comme un message à recevoir des défunts, à savoir qu'ils sentent la proximité de la Résurrection pour eux et donc pour nous.

Je crois que dans le dogme de la communion des saints de l'Église, nous avons à vivre ce message encore furtif, presque inaudible, mais que les liens de l'amour nous rendent plus compréhensible. Alors en ce temps paradoxal où le Christ apparaît à ceux qui ne sont pas encore ressuscités, recevons ce message de résurrection comme une invitation à creuser en nous notre attente, notre désir. Non pas qu'elle soit fébrile, mais qu'elle nous permette d'œuvrer en ce monde pour qu'un jour, avec tous les hommes et toutes les femmes du monde entier, nous puissions vivre avec le Christ, le Premier-né, la résurrection promise par le Père.

 

 

AMEN

 

 
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