AU FIL DES HOMELIES

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LA PIERRE ROULÉE

Ac 4, 8-12 ; Mc 16, 1-8

Mardi de la deuxième semaine de Pâques – A

(1er avril 2008)

Homélie du Frère Christophe LEBLANC

F

rères et sœurs, l'attitude des saintes femmes qui viennent au tombeau le premier jour de la semaine, le dimanche, nous invitent à réfléchir sur le rapport que nous établissons avec la mort et avec ceux qui nous ont quitté.

Les saintes femmes se trouvent devant une pierre dont elles connaissaient l'existence. Qu'est-ce que cela veut dire aller au tombeau pour s'occuper du corps de quelqu'un dont on sait pertinemment bien qu'on n'y aura pas accès. Ce mélange de désir de communion par-delà la mort et le fait que nous nous sentons comme arrêtés dans notre élan de communion par la mort, c'est ce que ces saintes femmes vivent et c'et ce que nous vivons lorsque nous accompagnons quelqu'un jusqu'à la mort, et après la mort. Nous sommes là, à la fois, nous essayons de lui apporter les derniers soins, après la mort nous nous occupons de ce corps que nous avons tant aimé, avec respect et douceur, et en même temps, nous avons le sentiment que la communion que nous pensons être pleine sur terre, nous n'y avons plus droit parce qu'il y a cette pierre, la mort, qui nous bouche l'avenir et qui nous bouche toute relation avec la personne qui est morte.

Qui va nous pousser cette pierre ? Frères et sœurs, c'est fait, c'est le Christ. Nous ne pouvons pas par nos propres moyens pousser cette pierre, c'est le Christ lui-même qui en poussant cette pierre nous a ouvert les frontières. Vous savez, à la fête de Noël comme on le chante à ce moment-là, ce sont les cieux qui se déchirent. A la fête de Pâques, qu'est-ce que c'est ? C'est cette pierre qui roule et qui nous donne accès au monde de Dieu. Il n'y a plus de frontières. C'est l'espace Schengen total, il n'y a plus ni gardien au glaive flamboyant qui nous interdit l'accès au Paradis, il n'y a plus de frontières entre notre monde et le monde de Dieu. Et cela par la mort et la résurrection de Jésus.

Si les choses étaient si simples, c'est vrai que le Christ a roulé la pierre du tombeau, Il nous fait accéder à son monde, au Royaume de Dieu, c'est aussi tout simplement ce que nous appelons la communion des saints, mais il y a une pierre peut-être encore plus lourde que le Christ lui-même ne peut pas pousser, c'est la pierre de notre cœur. En définitive, ces braves femmes ont vu ce que nous aimerions voir nous aussi, ce que nous nous disons souvent : si j'avais été témoin de la résurrection, si j'avais pu toucher Jésus, ma foi serait beaucoup plus affermie. En fait, la pierre est poussée, les femmes peuvent rentrer dans le tombeau, elles y rentrent, elles accèdent au monde de Dieu en contemplant l'ange qui leur dit : allez, sortez, annoncez à Pierre et aux disciples que Jésus n'est plus ici, et néanmoins, elle repartent et ne disent rien.

Frères et sœurs, oui, le Christ nous précède, Il est celui qui définitivement a vaincu la mort, et c'est cela qui fait toute la beauté de la vie chrétienne, de l'évangile, il y a une dernière pierre que le Christ ne peut pas pousser, c'est la pierre de notre cœur, c'est notre liberté.

Frères et soeurs, en ce temps de Pâques, sachons aussi pousser la pierre de notre cœur pour annoncer à toutes les nations que le Christ, nous précède, qu'il est ressuscité.

 

AMEN

 

 

 

 
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