AU FIL DES HOMELIES

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LES SIGNES ACCOMPAGNANT L'ANNONCE DE LA RÉSURRECTION

Ac 4, 23-31 ; Mc 16, 9-18

Mardi de la deuxième semaine de Pâques – B

(17 avril 2012)

Homélie du Frère Christophe LEBLANC

Vous ne craindrez pas son venin !

F

rères et sœurs, nous avons encadré cette liturgie avec cette antienne : "Recherchez le Seigneur dans les cieux". Or, il faut bien convenir que la fin de l'évangile de Marc signe un certain échec de la résurrection de Jésus. Au niveau littéraire, l'évangile de Marc finit avant ce que nous venons d'entendre, l'expérience du tombeau vide de ces femmes qui sortent et s'enfuient parce qu'elles sont toute tremblantes et hors d'elles-mêmes, et ne disent rien à personne parce qu'elles ont peur. Elles avaient bien raison de ne rien dire à personne puisque la suite de ce que nous avons entendu est comme un condensé de la fin de l'évangile de Luc, qui est comme adjoint à la finale de Marc, et il faut bien reconnaître que cela ne marche pas ! A chaque fois que quelqu'un vient annoncer à une autre personne que Jésus est ressuscité cette personne ne le croit pas. Chaque fois que quelqu'un a fait l'expérience du Christ ressuscité, pensez aux pèlerins d'Emmaüs dont il y a une allusion dans cette finale, cela ne marche pas.

Comment Dieu peut-il se débrouiller lui qui a sauvé le monde en mourant sur la croix et en acceptant cette mort que les hommes lui ont imposée, comment Dieu peut-il encore d'un coup de baguette magique transformer cet échec de l'annonce de la résurrection ? L'homme est impénitent, il ne sort jamais de ses travers, personne n'était capable de croire à la résurrection du Christ et c'est la raison pour laquelle Jésus quand il envoie par la suite ses apôtres annoncer la Bonne Nouvelle, est obligé de leur donner des signes pour que les hommes croient. Boire du poison et vous n'en serez pas affectés, toucher des serpents et vous ne serez pas affectés par le venin de ces serpents, en fait ce sont les miracles. Nous n'arrivons jamais à croire quand il s'agit des autres et encore moins quand il s'agit de l'Autre, de Dieu. Nous avons besoin que cette annonce de la résurrection ne soit pas simplement l'annonce de la résurrection de Jésus mais que nous puissions comme en voir, comme en toucher, comme en entendre un écho. Et c'est cela le signe. Ils sont là comme pour nous assurer que ceux qui les annoncent sont bien envoyés par Jésus, une sorte de carte d'identité ou de passeport sur lequel il y a un tampon, qui fait que ce que j'entends et voyant ce que vit l'annonceur de l'évangile, je vais un peu croire. Mais si en plus il y a un effet direct dans ma vie, que ce soit au point de vue corporel, au point de vue psychique, là c'est encore mieux.

On pourrait dire : oui, c'est scandaleux, ils ont besoin d'un signe, ils ne peuvent pas croire sans voir, pensez à Thomas, il faut croire sans voir et sans en ressentir les effets. Or, je vais essayer de sauver la proposition du prochain comme un bon jésuite, effectivement, on peut voir cela de ce côté-là. Mais on peut voir les miracles d'une autre manière, non pas comme un point d'assurance que Jésus est obligé de donner à ses disciples afin que les autres croient, mais peut-être aussi simplement comme un de ces faits de la résurrection. Si le Christ est la tête ressuscitée du corps et que nous sommes les membres et le corps du Christ appelés à ressusciter, ces effets qui accompagnent l'évangile ne sont pas là pour nous redonner un peu de vigueur et d'espérance pour notre vie future, mais ces événements sont là pour nous dire que dès maintenant, dès aujourd'hui, pas demain ni après notre mort, le corps du Christ bénéficie des effets de la résurrection déjà vécue du Christ qui est la tête.

Frères et sœurs, que cette finale de Marc qui a été rajoutée ne soit pas uniquement une petite question littéraire, mais voyons plutôt à travers cet ajout, comme la découverte de la première communauté chrétienne de ce que la résurrection du Christ ne touchait pas simplement la tête de l'Église qui est le Christ, mais déjà le corps ecclésial qui était en formation dans la première communauté des croyants. Que nous puissions à travers cette eucharistie découvrir que jour après jour le corps du Christ dont nous faisons partie se nourrisse de la tête de l'Église qui est le Christ et de sa résurrection.

 

AMEN

 

 

 

 

 

 

 
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