AU FIL DES HOMELIES

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ABRAHAM, FIGURE DANS NOTRE CARÊME

Gn 15, 5-17

(6 avril 2005???)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

Moissac : Abraham

L

a figure d’Abraham aujourd’hui, domine en ce temps de notre carême. Le Christ annonce que ceux qui gardent sa parole ne connaîtront pas la mort. Il affirme sa divinité le "Je suis" de la révélation au mont Sinaï, du nom même de Dieu. Il affirme que lui peut donner la vie. Il reconnaît que depuis toujours, le peuple de Dieu, en la personne même d’Abraham, se réjouit de voir son jour. 

Abraham comme figure nous conduit aujourd’hui sur le chemin de notre carême peut-être tout simplement parce qu’il a cru en la promesse de Dieu, de cette multitude d’étoiles dans le ciel, signe de la descendance même d’Abraham. Abraham figure de notre  carême puisqu’il a cru dans la parole, et que cela lui fut compté pour justice, non pas la justice des œuvres, non pas la justice qui consiste à faire des efforts simplement pour se recentrer ou s’auto glorifier sur la justice qui viendrait de nous, mais bien celle de la justice qui est la foi, la confiance et la fidélité en cette parole de Dieu. Abraham comme figure de notre carême qui comprend que lorsque les animaux sont partagés, deux réalités se trouvent ainsi conjointes : celle de la parole, puisque Dieu à ce moment-là lui parle déjà non seulement de l’esclavage dans lequel le peuple tombera, mais aussi du salut. Cette parole est accompagnée du signe de la présence même de Dieu au milieu des animaux partagés, de ce sacrifice. 

       Abraham a vu le jour du Seigneur. Il a vu le Verbe de Dieu, la parole au milieu de la chair crucifiée, comme ce sacrifice qui vient comme un feu, un brandon brûlant au milieu même du corps du Christ pour réaliser ce qu’il dit. Car la parole de Jésus donne vie : "Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font". C’est la parole qui nous arrache à tout esclavage de péché, et le signe de ce feu qui s’éteint, le sacrifice étant consumé, la mort du Christ réalisée. Mais c’est aussi à ce moment-là que l’ultime esclavage, celui de la mort, est aboli et que le Chris sort vainqueur des enfers. Abraham comme figure de notre carême, pour croire que le don même de la vie de Dieu, de sa parole, ceux qui y croient ne verront jamais la mort. Autrement dit, de ce corps livré, de ce sang versé, de cette parole de pardon du Christ lui-même naît un peuple nouveau, celui des enfants de Dieu, ceux qui se reconnaissent comme les enfants de la foi, de la confiance et de la fidélité, et à ce titre, les vrais enfants d’Abraham. Ainsi, donc, des pierres que nous sommes, le Christ a fait réellement un peuple de Dieu, des enfants d’Abraham. 

       Abraham comme figure de notre carême, alors, une seule invitation : se réjouir de voir le jour de Dieu, de voir dans le ciel toutes ces étoiles que nous sommes et qui brillent chacune personnellement, et qui pourtant, toutes ensemble tissent l’harmonie des cieux, disent le royaume nouveau, racontent le peuple des sauvés, constituent l’Église communion, et seule, la joie déjà peut illuminer profondément et réellement cette vie et ce salut qui habitent au cœur même du peuple de Dieu, du peuple d’Abraham, de notre Église. 

 

       AMEN


 

 

 
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