AU FIL DES HOMELIES

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JE SUIS AU MILIEU DE VOUS COMME CELUI QUI SERT

Ph 3, 17-21 ; Lc 22, 24-32

Samedi de la deuxième semaine de Pâques – B

(20 avril 1985)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

L

 

e Christ prononce ces paroles au moment de sa passion. Il vient de partager le pain en di­sant : "Ceci est mon corps !" et de faire passer la coupe de vin en disant : "Ceci est mon sang!" Et alors, Il nous explique le sens même de ce geste qu'Il vient d'accomplir. L'eucharistie, le moment où la communauté chrétienne est rassemblée ne procède pas simplement du désir qu'auraient tous les partici­pants de rendre un culte à Dieu. L'assemblée eucha­ristique ne se justifie pas par elle-même, à partir sim­plement du désir humain de bien faire, de dire merci à Dieu, de maîtriser ou de dominer son rapport avec Dieu. L'assemblée eucharistique, telle que nous la vivons tous les jours, est l'œuvre de Jésus Christ, ser­viteur de son peuple.

Si l'eucharistie est possible ce n'est pas sim­plement à cause de nous, c'est d'abord à cause du Christ. C'est parce que le Christ veut être le serviteur et qu'il définit ultimement le sens de sa venue par ce mot et par cette fonction de serviteur, qu'à ce mo­ment-là, dans le monde entier, à travers toute l'his­toire, il pourra se créer, se façonner des communautés chrétiennes qui vivent dans l'eucharistie, c'est-à-dire dans l'action de grâces.

Chaque fois que nous sommes rassemblés dans une église pour rendre grâce au Père pour la Pâque de son Fils, nous ne le pouvons que parce que le Christ s'est fait le serviteur de chacun d'entre nous, et le serviteur de la communauté chrétienne. C'est cela le sens même de sa croix. "Il s'est anéanti" pour être en-dessous de toute l'humanité et Dieu l'a exalté. Mais toujours l'eucharistie elle-même, l'action de grâce repose sur le fait que le Christ s'est vidé de Lui-même, Lui qui est le Seigneur de toute chose, pour être le serviteur de chacun d'entre nous.

Ainsi, le rapport qui existe entre le Christ et son assemblée eucharistique n'est pas un rapport de domination, n'est pas un rapport de maîtrise sur nous C'est le Christ qui est au service de chacun de nous, pour faire de nous, véritablement, les fils de Dieu, pour que s'accomplisse en nous cette véritable voca­tion que le Père avait choisi pour nous, de toute éter­nité, et à laquelle Il nous destine. Chaque fois que nous célébrons l'eucharistie, que nous rompons le corps du Seigneur et que nous buvons à la même coupe, souvenons-nous d'abord de cela. Nous sommes là parce que le Christ s'est mis Lui-même à notre ser­vice. Pour nous, Il s'est fait esclave, Il s'est fait le plus petit. Il a noué le tablier pour laver les pieds de ses disciples, et lorsque c'est Lui encore qui nous donne son corps et son sang, Il les donne en étant le Servi­teur non pas à partir de la surabondance, mais à partir de sa pauvreté même parce qu'Il s'est fait le plus humble et le plus petit.

C'était indispensable pour nous car nous-mêmes nous n'avons pas coutume de vouloir être les serviteurs les uns des autres. Si le Christ ne nous avait pas montré le sens de son service, le sens de sa venue et de sa mission, jamais nous n'aurions pu trouver notre grandeur en sachant que le seul but de notre existence c'est d'être, par le Christ et avec Lui, des serviteurs du Dieu vivant.

 

AMEN

 
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