AU FIL DES HOMELIES

C'EST BIEN MOI !

Ac 5, 17-21+25-33 ; Jn 6, 16-27

Vendredi de la deuxième semaine de Pâques – C

(18 avril 1980)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

T

 

ous les évènements de la vie du Seigneur ont une dimension pascale, mais plus spécialement ces évènements très marquants, très centraux qui marquent une étape dans la vie et dans le mystère de Notre Seigneur. La multiplication des pains en est une. La multiplication des pains avait été comprise par le peuple comme le signe messianique par excellence. Que le peuple soit nourri par Dieu lui-même, le fait que les foules soient rassasiées alors qu'elles n'avaient rien, tout cela était compris et attendu comme un signe de la présence du Messie. Et c'est pourquoi saint Jean prend soin de préciser que les foules voulaient faire de Jésus leur roi. Cet évènement par lequel le peuple était rassasié rappelle évidemment, le repas par excellence de la tradition juive, le repas de la Pâque, dans laquelle le peuple, par le soin de son Dieu est enjoint de sacrifier l'agneau pascal pour se rassasier avant la marche, avant de quitter l'Égypte pour la terre promise.

C'est sans doute pourquoi, lorsque Jésus a renvoyé les foules et que ses disciples sont partis sur la mer, en barque, Jésus s'avance au-devant des disciples, sur la mer. Maintenant que les disciples ont participé à ce signe de la Pâque qu'était la multiplication, comme le peuple d'Israël car ils sont d'une certaine manière cet Israël nouveau, cette petite poignée d'hommes qui ira un jour annoncer la bonne nouvelle du salut, ce peuple s'avance sur la mer, une mer qui est déchaînée, tempétueuse parce que le vent était violent et que les flots du lac se soulevaient.

C'est au milieu de cette épreuve de la mer, de ce franchissement de la mer que Jésus se manifeste, à nouveau comme celui qui doit sauver son peuple. Il est à la fois la nuée parce qu'Il apparaît à ses disciples pour les guider, comme la nuée marchait devant le peuple lorsqu'ils traversent la mer ou le désert. Et puis surtout, parce que au moment où les disciples sont pris de frayeur, il reprend à son propre compte la parole de l'Exode : "Je suis" ou encore, comme c'est traduit : "C'est bien moi ! " Mais en réalité, dans la bouche du Seigneur, cette parole fait allusion à la révélation du Nom divin à Moïse : "Je suis ce que Je suis, qui Je suis, n'ayez pas peur !"

Maintenant, les disciples, qui ont été rassasiés par le mystère de la Pâque, se sont engagés sur le chemin qui conduit vers la terre promise, ils sont en train de franchir la mer et le Seigneur se manifeste à eux, comme il s'était manifesté au jour de la naissance d'Israël, lorsque la colonne de nuée guidait et lorsque Dieu se révélait dans le buisson ardent. Maintenant, c'est le Christ qui conduit le peuple à travers les épreuves de la mer et qui le conduit vers une Pâque nouvelle. Ce sera le sens du discours à Capharnaüm, lorsque Jésus accueillera les foules dans la synagogue, il leur manifestera le sens de sa venue dans le monde. Si Jésus est venu dans le monde, c'est pour nous faire entrer dans le mystère de sa Pâque, un passage qui n'est plus simplement d'Égypte en terre promise, mais un passage qui est maintenant de ce monde à son Père.

Chaque fois que nous célébrons l'eucharistie au milieu des tempêtes de ce monde, et que nous sommes sur la barque de Pierre, la barque des disciples, sachons reconnaître cette présence du Ressuscité qui vient au-devant de nous pour nous guider et nous faire atteindre la terre promise et en même temps pour nous révéler sa présence : "C'est bien moi, n'ayez pas peur ".

 

AMEN

 
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