AU FIL DES HOMELIES

PAINS ET POISSONS

1 Co 15, 1-10 ; Jn 6, 1-15

Vendredi de la deuxième semaine du temps pascal – A

(27 avril 1990)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

Q

ue représentent les cinq pains d'orge et les deux poissons en regard du travail que l'homme doit faire en ce monde ? œuvre de justice, œuvre de vérité que l'homme tente par sa pro­pre peine de restaurer dans ce monde déchu et détruit par le péché. Ces cinq pains d'orge et ces deux pois­sons représentent ce que l'homme à lui seul pourrait donner. C'est pourtant le point de départ de ce que Dieu veut faire. Ce n'est rien, ce n'est pas suffisant mais c'est la condition première dont Dieu veut s'em­parer pour le transformer en cette profusion de grâces qui pourra nourrir cinq mille hommes c'est-à-dire rassasier toute la faim et la soif de l'humanité.

Il y a comme une condition première au don que Dieu veut faire au monde : c'est que l'homme ait joué le petit rôle du début qui est signifié par son pro­pre travail, par sa propre peine, par son propre don, par sa volonté de reconstruire le monde afin que Dieu fasse de ce petit mouvement le grand mouvement de la Résurrection.

Une autre image qui nous permet de com­prendre la force de la Résurrection c'est celle du le­vain qui agit comme un germe enfoui dans la pâte. Nous sommes cette pâte prête à recevoir ce levain si petit en apparence. Mais il s'empare intimement, pro­fondément de tous les éléments de la pâte afin de les transfigurer en une autre réalité.

Deux leçons sont à tirer de cet évangile. Il y a comme une condition première à recevoir ce levain de Résurrection, c'est notre propre don, notre propre ouverture, notre propre désir, notre propre faim, notre propre soif. C'est la condition première de la réception de ce levain. Ensuite ce levain viendra s'emparer presque violemment de tous les éléments du monde afin de les transformer en une autre réalité. De fait, l'évangile qui suit est celui de la multiplication des pains. Le Christ est parti seul sur le rivage, de l'autre côté du lac. Il atteint l'autre coté du monde. Les apô­tres seront invités à prendre une barque pour effectuer ce passage, une barque symbole de la mort. Puis une tempête va se déchaîner, image de notre vie d'aujour­d'hui où notre Église est secouée par les bouleverse­ments du monde. Le Christ vient à la rencontre de cette Église secouée par les évènements. C'est le Christ pasteur qui marche sur la mer et domine la mort et qui vient nous chercher alors que l'Église s'est mise en marche. Mais il a fallu que l'Église prenne sa barque et s'engage sur les flots de la mer de ce monde pour aller à la rencontre de son Bien-Aimé. Et le le­vain qui est la foi en la résurrection a permis aux apôtres de prendre leur barque pour aller sur l'autre rive, élément petit, élément humble à l'image de ce jeune enfant qui offre à cinq mille hommes quelques poissons et un peu de pain qui sont ce dont Dieu a besoin pour donner son pain et son vin qui sont, comme aujourd'hui, son corps et son sang.

 

 

AMEN

 

 
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