AU FIL DES HOMELIES

DANS LE BAPTÊME, L'UNIQUE MOUVEMENT PASCAL

Ac 8, 5-8+12+14-17 ; Jn 12, 35-36 c

Vendredi de la deuxième semaine du temps pascal – A

(12 avril 2002)

Homélie du Frère Yves HABERT

 

C

urieux que l'évangile tout d'un coup nous replonge dans le climat de la Passion. C'est le chapitre douzième de saint Jean. Jésus vient de dire : "Si le grain de blé ne meurt pas, il reste seul, mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruits". Tout d'un coup le ciel se déchire, une voix vient du ciel et dit : "Je l'ai glorifié et je le glorifierai encore". Et ce pas­sage que nous venons d'entendre : "Marchez dans la lumière, tant que vous avez la lumière. Croyez-en la lumière et vous deviendrez des fils de lumière".

Marchez ! La foi est toujours un mouvement, la foi est toujours un acte, la foi n'est jamais la concentration dans un lieu mais au contraire, elle nous pousse à avancer. La lumière à l'époque de Jésus, c'était difficile à obtenir. Aujourd'hui nos rues sont éclairées, mais imaginez que nous vivions au rythme du soleil, imaginez que cette église ne soit éclairée que par le soleil, quelques bougies. Imaginez-vous marchant ainsi dans la plus sombre ténèbre. Au-delà de quelque chose qui est extrêmement simple comme cela, Jésus dit : "Tant que vous avez la lumière, mar­chez et vous deviendrez les fils de la lumière !" C'est-à-dire que vous serez les fils de votre Père. Fils de lumière, vous l'êtes par votre baptême.

Le texte des actes des apôtres nous développe la pédagogie de cette première Eglise, cette pédagogie qui conduit au baptême et qui va même au-delà du baptême. C'est un texte assez intéressant. Paul persé­cute encore, il ne s'est pas encore converti, il n'a pas encore reçu l'illumination de Damas. Philippe est parti en Samarie et a commencé à évangéliser. Une évan­gélisation qui est à la fois une prédication par des paroles, à la fois des exorcismes, il chasse les mauvais esprits, et à la fois des guérisons corporelles. L'évan­gélisation s'intéresse à toute la personne qui est aussi intelligence, cœur, esprit, corps. C'est une évangélisa­tion qui saisit l'ensemble de la personne. C'est très étrange que comme Jésus qui a associé sa prédication à la guérison, la primitive Eglise a également associé la prédication à la guérison. Entendant cela, voyant cela, ils sont baptisés, hommes et femmes. D'emblée, on traduit que le nouveau signe de l'Alliance, c'est le baptême. On n'a pas exigé de ces samaritains, la cir­concision, on ne leur a pas demandé de passer par un autre geste que celui du baptême. Mais il y a une ré­elle difficulté, dans la suite du texte on dit qu'ils ont été baptisés "au nom de Jésus". Ils n'ont pas reçu l'Es­prit Saint. On va en parler aux apôtres, Pierre et Jean, les deux sprinters du matin de Pâques, ceux qui ont couru au tombeau vide, et ils vont venir et imposer les mains à ces baptisés pour recevoir l'Esprit Saint. Est-ce que le baptême de Jésus qu'ils ont reçu, n'était pas un baptême dans l'Esprit ? non, mais ils avaient be­soin de recevoir cette sorte de "confirmation" de la part des apôtres, cette nouvelle imposition des mains. La plus ancienne formule trinitaire, la plus explicite et la plus cadrée, c'est celle de la fin de l'évangile de Matthieu : "Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre, de toutes les nations faites des disciples et baptisez-les au nom du Père, du Fils et du saint Es­prit". Mais on note dans le Nouveau Testament des sortes d'hésitations.

Le baptême de Jésus est identiquement le baptême au nom du Père du Fils et du Saint Esprit. Nous avons été baptisés dans la nuée et dans la mer. Rappelez-vous aussi le texte de Nicodème : "Per­sonne, à moins de renaître d'eau et d'Esprit ne peut entrer dans le Royaume de Dieu". Donc, le baptême, cette immersion au nom de Jésus était le baptême dans la sainte Trinité, mais il y avait en quelque sorte, et ce texte est assez intéressant pour cela, cette confirmation de la part des apôtres, pour reproduire dans la personne le mouvement qui va de Pâques à Pentecôte, mais qui est un seul mouvement, qui est le mouvement de toute la déflagration pascale. C'est ce même mouvement qui est aussi traduit par le baptême et la confirmation. Le baptême qui nous relie à l'événement pascal, la plongée dans la mort et la Résurrection du Christ et la Pentecôte, la descente de l'Esprit Saint, mais qui ne font qu'un seul mouvement.

Supplions le Seigneur pour tous ces baptisés qui dimanche, à la cathédrale vont recevoir l'Esprit Saint, à qui l'on va imposer les mains, tous ceux qui ont reçu le baptême, plongés dans la mort et la Résur­rection de Jésus, baptisés au nom de la Trinité Sainte, mais qui vont recevoir cette force pour agir, témoi­gner et vivre de cette vie que Dieu a inauguré dans sa Passion.

 

AMEN

 

 

 
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