AU FIL DES HOMELIES

LA CROIX ET LA GLOIRE

Actes 5, 12-16 ; Jean 12, 23-32

Vendredi de la deuxième semaine de Pâques – A

(4 avril 2008)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

I

l se trouve que juste avant la semaine sainte, nous avons lu ce passage de l'Écriture. En effet, ce texte, bien sûr lu en carême éclaire le mystère de la croix : "Si le grain de blé ne tombe en terre, s'il ne meurt, il ne portera pas de fruits. S'il meurt, il portera beaucoup de fruits". Et cette promesse : "Lorsque je serai élevé de terre, j'attirerai tous les hommes".

Il est évident qu'au-delà de tous les artifices de notre société ce qui peut réellement attirer des hommes vers quelqu'un, c'est le principe de l'amour. En manifestant son amour, c'est-à-dire en donnant sa vie pour ses amis, en mourant sur la croix, en étant élevé sur cette croix, en regardant comme Epiphanie de l'amour de Dieu manifesté en son Fils, nous sommes attirés par cet amour. Et c'est pour cette raison que le Christ dit aussi : "Celui qui me sert vient au lieu même où je suis, où je sers mon peuple". Et ce lieu, c'est le lieu de la croix. Cela signifie simplement qu'au-delà de tout ce que nous vivons, parfois des choses difficiles, de grandes détresses, de vraies croix, c'est pourtant à ce lieu-là de la croix avec le Christ que se révèle l'intensité et la plénitude de l'amour de Dieu. Du coup, Dieu en fait le lieu de sa gloire.

Naturellement nous aurions tendance à penser que la gloire c'est d'abord une sorte d'effervescence d'extériorité lumineuse, de choses à faire, à dire, mais tout cela n'est souvent que superficialité, vantardise et orgueil. Or, la gloire de Dieu, c'est la simplicité de l'acte de se donner. Au-delà des paroles qui peuvent paraître dures : "qui aime sa vie en ce monde n'est pas digne de moi", il y a surtout le fait que la seule chose qui vaut la peine d'être vécue, c'est de se donner par amour. C'est la seule réalité. Le problème n'est pas ce que l'on fait, ce que l'on pense, ou de que l'on dit. Le problème n'est pas la manière dont on peut être perçu dans la société comme dans l'Église. Le problème n'est pas l'idée que l'on se fait de soi-même. La vraie réalité, c'est cet amour-là. Pour Dieu, c'est sa seule gloire et pour nous aussi. Or, pour vivre la joie profonde, pour vivre la grâce même de la relation, pour vivre l'entière lumière d'une relation amoureuse, il faut être passé par ce don. C'est à ce moment-là où l'on semble perdre sa vie que se révèle véritablement la gloire du Seigneur, comme pour la nôtre.

C'est parce que la vie toute simple, la vie du ressuscité dans le silence même de la nuit et du petit matin de Pâques, c'est cette simplicité qui fait la gloire même de celui qui s'était endormi. Alors oui, il peut passer une gloire qui n'est plus limitée. Il peut après avoir été élevé de terre être réellement glorifié. C'est le mystère entre autre de l'Ascension qui nous fait voir comment le Christ s'élève dans la gloire du Père pour que son amour et la plénitude de son don envahissent et le cœur de chacun d'entre nous.

 

 

AMEN

 

 
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