AU FIL DES HOMELIES

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NOTRE BAPTÊME

Ac 3, 11-26

(7 avril 1983)

Homélie du Frère Serge JAUNET

 

Sylvanès : Fonts baptismaux

C

omme ce brave intendant de la reine Candace d'Ethiopie, nous aussi, frères et sœurs, nous avons trouvé sur notre chemin, un jour, pour la plupart dès notre petite enfance, quelqu'un qui nous a expliqué l'Écriture, qui nous a dit de qui elle parlait, qui elle annonçait, quel était Celui qui accomplissait cette Écriture, en venant vivre notre vie d'homme, en prenant sur Lui notre mort et ne ressuscitant. Pour la plupart, nous avons eu sur notre route un père, une mère, un ami, un prêtre, un diacre, un maître peu importe, qui nous a parlé de ce Seigneur, qui nous a annoncé son message. Et pour la plupart aussi, tout petits, portés par l'amour de nos parents, cet amour qu'ils avaient pour nous et cet amour qu'ils avaient pour notre Dieu, nous avons été baptisés.

        Mais il nous faut nous demander en cette octave de Pâques si ce désir du baptême de l'éthiopien est aussi fort chez nous, dans la reconnaissance, dans cette action de grâces que nous avons à rendre à Dieu pour ce baptême qui, dès nos premiers jours, nous a plongés dans la vie du Christ mort et ressuscité. L'octave pascale est un seul et grand jour de Pâques que nous célébrons et nous n'en finissons pas de chanter des alleluia et nous avons combien raison, et nous ne le ferons jamais assez et surtout, nous ne le ferons jamais assez bien. Mais en même temps, si l'octave est un grand jour de Pâques, une grande célébration de Pâques qui dure pendant une semaine, il nous faut à certains moments nous arrêter, comme durant la vigile pascale, nous nous sommes arrêtés pour, comme nous le disons, renouveler les promesses de notre baptême, pour répondre, en toute liberté et avec tout l'amour que nous pouvons avoir aux questions que le prêtre nous pose, que le Christ nous pose par sa bouche : "Renonces-tu au mal ?Crois-tu ?"

       Il nous faut réentendre, il ne faut pas avoir peur de nous la répéter cette question qui, un jour, nous a été posée par le pasteur suprême de l'Église, question aussi forte qu'inattendue : "Qu'as-tu fait de ton baptême ?" A chacun d'entre nous, il faut que, un jour, et c'est sans doute le moment durant cette semaine, que nous nous arrêtions devant cette grâce absolument inouïe qui nous a été faite, dès que nous avons paru dans ce monde, quand nous avons été baptisés. Qu'avons-nous fait de cette grâce ? sommes-nous aussi fiers de ce baptême que ces enfants que nous avons baptisés durant cette vigile de Pâques. Et le plus jeune, vous l'avez remarqué, n'était pas le moins assuré quant à la question qu'on lui a posée : "Veux-tu être baptisé ?" il a répondu avec ce ton qui ne trompait pas, et il avait cinq ans : "Oui, je le veux!"

       Frères et sœurs, notre baptême est-ce que nous le voulons encore ? Est-ce que nous le vivons encore ? Écoutons ces paroles du Pape Jean Paul II dans la nuit de Pâques : "Déjà la première génération des chrétiens se demandait : "Qui suis-je ? Que suis-je devenu au cours de la sainte nuit ? Que suis-je devenu par le sacrement de mon baptême ? Qui suis-je, moi, homme ? Qui suis-je moi, chrétien ?" Toutes les générations des disciples et confesseurs du Christ ont reçu la réponse à ces questions au cours de la liturgie de la veillée pascale. Et aujourd'hui c'est nous qui recevons la réponse. En cette année du Jubilé extraordinaire de la Rédemption du monde, nous désirons relire cette réponse dans toute sa plénitude vivificatrice. Nous désirons la revivre avec toute la profondeur de notre foi et la puissance de la conversion."

       Frères et sœurs, il nous faut nous arrêter, il nous faut faire silence, cesser quelque temps les alleluia, nous laisser interroger par le Seigneur Lui-même sur cette base de notre baptême. Comment la vivons-nous ? Saint Paul disait que ce n'était pas seulement l'enlèvement d'une souillure charnelle, l'enlèvement du péché, mais l'attachement d'une bonne conscience au Christ ressuscité. Sommes-nous attachés à ce Christ Ressuscité envers et contre tout ? Un auteur anonyme du premier siècle disait : "Un baptisé n'est pas différent du monde. Il est tout simplement sa vérité." Frères et sœurs, humblement mais fièrement, nous savons que nous sommes, baptisés, la vérité du monde. Que faisons-nous de cette vérité aux jours d'aujourd'hui ?

      AMEN


 

 
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