AU FIL DES HOMELIES

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RÉALITÉ DE LA CHAIR RESSUSCITÉE

Ac 3, 11-26 ; Lc 24, 35-48

Jeudi de la première semaine de Pâques – A

(26 avril 1984)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

Issoire : Thomas

D

 

ans cette apparition de Jésus aux douze, le Christ insiste avec force et avec beaucoup de clarté sur le caractère véritablement concret, physique, la réalité matérielle de sa chair ressuscitée. "Voyez, dit-il, que je ne suis pas un fantôme ! Touchez mes mains et mes pieds ! Voyez les plaies dans mes mains et dans mes pieds ! Donnez-Moi quelque chose à manger !" Le Christ ne veut laisser aucun doute dans le cœur de ses disciples qui étaient, nous dit-on, "saisis de stupeur et même d'effroi" et qui, à cause de leur joie, n'osaient même pas croire à la réalité de ce qu'ils voyaient. Jésus ne veut laisser aucun doute sur la réalité de sa chair ressuscitée. Et en même temps, Il va aussitôt ouvrir le cœur des disciples à la compréhension profonde des Écritures leur expliquant la Loi de Moïse, les psaumes, les prophètes, comme si cette pénétration profonde de la Bible, de l'Écriture, de la Parole de Dieu était inséparable de cette réalité de la chair du Christ ressuscité. Sur la route d'Emmaüs Jésus avait aussi essayé d'ouvrir l'intelligence des deux disciples à son mystère, en reprenant dans les Écritures tout ce qui avait annoncé sa Pâque, leur expliquant qu'il fallait que le Christ souffre, meure pour pouvoir ressusciter et cette explication des Écritures s'achève quand Il s'asseoit à table, dans l'auberge, pour l'eucharistie.

"Ceci est mon corps !" Il y a le même lien étroit entre cette parole du Christ et la réalité de la chair du Christ, non plus seulement manifestée, non plus seulement offerte aux disciples pour qu'ils la touchent, (comme dans le texte d'aujourd'hui), mais pour qu'ils la mangent, pour qu'ils en fassent leur propre chair par la communion eucharistique. Ce lien étroit entre la réalité de la chair du Christ, manifestée, offerte, partagée, la réalité de la chair du Christ ressuscité et la pénétration du mystère de Dieu, l'intelligence des Écritures, de la révélation, ce lien étroit nous est donc affirmé par deux fois en Saint Luc, et c'est bien ce lien étroit que nous vivons à chaque eucharistie où, de la même manière, nous écoutons la Parole de Dieu, nous écoutons les prophètes, les psaumes, l'évangile. Ensuite, nous allons jusqu'au contact physique, charnel avec le Christ Ressuscité quand nous recevons dans notre main, quand nous prenons dans la coupe, le corps et le sang du Christ Ressuscité.

C'est, semble-t-il une nécessité profonde de la pénétration du mystère du Christ que d'aller jusqu'à ce contact personnel, intime avec la chair du Christ, pour que sa chair devienne notre chair, pour que nous soyons intimement remplis de la présence réelle de sa chair de Christ Ressuscité. C'est donc une nécessité que nous ne puissions entrer dans le mystère que par ce contact, de personne à personne, de chair à chair avec le Christ Ressuscité. C'est seulement ainsi que nous pouvons lire et comprendre les Écritures. Alors nous comprendrons peut-être que la Bible n'est pas un livre comme les autres. On ne le lit pas comme les souvenirs d'un grand homme, comme le récit d'un histoire. Quand on nous dit que la Bible est une parole vivante, cela va jusqu'à cette intégration vitale de cette Parole en notre propre cœur, en notre propre chair. La parole qui nous est adressée dans la Bible est tellement vivante qu'il faut la manger, comme il était dit au prophète Ezéchiel et comme il est dit dans l'Apocalypse de ce livre qu'il faut manger pour en faire notre propre substance, notre propre chair.

Il ne s'agit pas seulement de connaissance intellectuelle, d'une lecture avec notre esprit. Il s'agit d'une véritable assimilation de cette présence vivante du Christ dans ce livre qu'est la Bible et dans ce pain qui est sa chair car ces deux éléments sont inséparables. Alors, essayons de nous approcher de la Parole de Dieu comme de cette réalité unique qui est la présence vivante du Christ Jésus, du Verbe de Dieu, de la Parole de Dieu qui, à la fois, s'adresse à notre esprit, à notre cœur et aussi à notre chair, dans un unique mouvement, pour nous investit totalement de sa présence. Et c'est seulement ainsi que nous pourrons entrer dans l'intelligence de son mystère, dans la connaissance de ce qu'Il veut nous dire et nous seulement nous dire mais nous donner pour que nous en vivions.

 

AMEN

 
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