AU FIL DES HOMELIES

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JÉSUS RESSUSCITÉ EST FAMILIER DE SES DISCIPLES

Ac 3, 11-26 ; Lc 24, 35-48

Jeudi de la première semaine de Pâques – B

(11 avril 1985)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

I

l me semble qu'il y a dans les récits de la Résur­rection rapportés par saint Luc un trait tout à fait remarquable. Chacun des évangélistes a insisté sur tel ou tel aspect du mystère de la Résurrection du Christ. Il me semble que saint Luc a voulu surtout nous faire voir comment le Christ Ressuscité était familier de ses disciples.

Je crois que c'est très important. En effet, dans saint Jean, lorsque Marie de Magdala essaie d'étreindre les pieds de Jésus, Il rappelle immédiate­ment la condition nouvelle de gloire dans laquelle Il était entré : "Ne me retiens pas !" N'essaie pas de me saisir pour m'assimiler à quelque chose de ce monde. N'essaie pas d'avoir avec Moi la même attitude que tu avais auparavant, car désormais je suis en route vers le Père. Ma Pâque s'accomplit, et là où je vais, tu ne peux pas encore venir, même si j'y vais pour t'y conduire.

Chez Luc au contraire, on dirait que le Christ a pour principal souci de se rendre familier des~disciples au cours des apparitions : "Touchez-Moi !" - "Regardez, c'est bien Moi !" - "Avez-vous ici quelque chose à manger ?" et on lui présenta un morceau de poisson grillé qu'Il mangea. Ou encore cette conversation familière sur le sens des Ecritures qui s'accomplit dans sa mort et sa passion. Chez saint Luc, le Christ Ressuscité n'a qu'une envie, c'est de rompre la distance et la barrière que spontanément les disciples mettent entre lui et eux. Ils croient que c'est un esprit, Ils croient qu'Il est d'un autre monde. Ils croient qu'Il est loin et qu'ils ne peuvent plus l'atteindre. Et Lui, le Seigneur Ressuscité n'a qu'un seul désir, c'est de se rendre proche d'eux, d'être leur familier comme Il l'était auparavant. C'est pourquoi Il reprend les mêmes gestes, les mêmes attitudes familières. Il se donne Lui-même à reconnaître. Bref, le mystère de la Résurrection, tel que veut nous le faire saisir saint Luc, c'est d'abord le mystère d'une présence profonde et familière du Christ au cœur de ce monde.

Pour nous, encore aujourd'hui, cela est riche d'enseignements. Si nous croyons au Christ Ressus­cité comme à un être lointain, qui ne se soucie pas de nous parce qu'Il est entré dans sa gloire, je crois que nous nous trompons lourdement. Si le Christ est res­suscité, s'Il a creusé cette absence, ce fossé entre Lui et nous, ce n'est pas pour être loin de nous, c'est pour être proche de nous, mais autrement. Le souci du Res­suscité, c'est de prolonger l'Incarnation. Celui qui avait pris chair parmi les hommes pour être avec les hommes, n'est ressuscité que pour que les hommes soient avec Lui. Et même si le Christ, maintenant, veut nous conduire vers son Royaume, il n'empêche que le Christ Ressuscité est vraiment avec nous jus­qu'à la fin des temps. Alors, qu'en ce temps de résur­rection, à la fois nous rendions grâce pour cette fami­liarité du Christ Ressuscité au milieu de son peuple, au milieu de son Église, au milieu des croyants et que nous Lui demandions de savoir reconnaître les signes de sa présence. La plupart du temps, nous sommes comme les disciples. Quand notre cœur est changé, nous croyons que c'est une illusion, quand nous som­mes convertis, nous nous disons: "Mais je me suis trompé, maintenant je n'ai plus le même sentiment, je n'ai plus la même perception de la réalité même de l'amour du Christ pour moi." Quelle erreur ! Nous sommes là comme les disciples, nous croyons voir un esprit. Et, en réalité le Christ vient sans cesse vers nous en nous disant : "N'ayez pas peur ! C'est bien Moi !"

 

AMEN

 

 
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