AU FIL DES HOMELIES

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UN CHEMIN DE JOIE

Ac 3, 11-26 ; Lc 24, 35-48

Jeudi de Pâques- B

(24 avril 2003)

Homélie du Frère Yves HABERT

 

A

quoi te comparer ô mon Sauveur ? Peut-être à ce facteur que je voyais l'autre jour qui partait faire sa tournée avec son petit vélo, et qui était tout heureux de partir. Et je me disais, tiens, un facteur qui est heureux de partir, et je le voyais comme un signe, parce que Jésus est comme ce fac­teur qui porte non pas des bonnes nouvelles, mais la Bonne Nouvelle. C'est comme s'il portait une im­mense lettre d'amour. Je me disais aussi que le facteur s'imaginait que dans sa sacoche il n'y avait ni factures, ni impôts, ni lettres d'insultes, ni rien du tout, mis qu'une lettre d'amour. Sauf que Jésus, Lui, contraire­ment au facteur, Il est le messager, et le message Lui-même, et en s'apportant Lui-même il a apporté toute nouveauté, Il a apporté ce que notre cœur désirait.

Donc, un facteur heureux, première source d'étonnement. Mais, autre source d'étonnement, ce serait de se dire qu'à la croix, comme on le dit, il n'y avait presque personne, seulement quelques intimes pour ce festin paradoxal. Mais tout l'évangile est au contraire peuplé d'une foule immense, cinq mille hommes, sans compter les femmes et les enfants, et puis, il n'y a plus personne. La croix, c'est comme un désert, alors que l'évangile est un désert très peuplé.

Nous, c'est étonnant aussi quand nous revi­vons ces jours saints, comment le vendredi saint, pour le chemin de croix, pour les célébrations, quand nous marchons ainsi le jeudi, il y a beaucoup de monde, les foules se pressent, et quand nous célébrons la Résur­rection, quand les foules accourent dans les Actes des apôtres, quand un maximum de personnes se pressent pour profiter de cette vie qui déborde à plein, cette vie qui se répand sur toute cette table de l'univers, quand le vin des noces est répandu à flots, et quand les boi­teux marchent, quand la Parole se fait plus insistante et plus joyeuse, et encore plus forte, nous sommes moins nombreux. C'est curieux, c'est comme si c'était l'inverse de l'évangile, et c'est une autre source d'étonnement. Peut-être avons-nous encore à passer d'une religion qui a beaucoup parlé de la souffrance, qui a eu cette particularité d'avoir un message très fort au niveau de la souffrance, et de rejoindre les plus souffrants, mais il faut passer de cette religion qui a mis en avant la souffrance, avec toutes ces dévotions au chemin de croix, et des choses quelquefois très doloristes, heureusement aujourd'hui, nous en reve­nons un peu quand même, mais nous avons quand même du mal à passer de cette religion à la joie de la Résurrection, de cette vie qui se répand. Il faudrait presque inventer un chemin de joie après tout. On a bien inventé un chemin de croix, on pourrait bien inventer un chemin de joie pour que tout le peuple chrétien puisse rentrer dans la ronde du ressuscité, et participer à la danse mystique. Un chemin de joie qui aurait des stations aussi, on pourrait imaginer avec des arrêts autour du corps de Jésus, comme pour le chemin de croix, qui est autour du corps souffrant de Jésus, mais là ce serait autour du corps glorieux de Jésus. Ce serait un chemin qui nous ferait partager et revivre toutes ces prophéties qui annoncent la Résur­rection de Jésus. Il faudrait aussi un chemin qui nous ferait revivre plus pleinement de la fraction du pain, de Ressuscité qui montre ses plaies comme des signes de victoire. Il faudrait aussi que nous passions du "résolument", après avoir vécu tous ces jours de pas­sion, et c'est important, parce que si on veut ressusci­ter, il faut d'abord avoir pris à pleines mains cette Passion du Fils de l'Homme, il faut l'avoir reçue en pleine figure, il faut y avoir communié, mais il faut aussi passer résolument de l'autre côté, il faut vrai­ment vivre en ressuscité, il faut goûter à cette table qui conjoint à la fois la rencontre avec le Ressuscité, la table de la Parole qui nous éclaire, et qui est comme toute lumineuse et qui est remplie de gloire.

Et puis, cette Église qui est aussi le signe de notre rassemblement, de cette joie à la fin des temps, de cette joie éternelle que nous partagerons avec les saints du ciel.

 

 

AMEN

 

 
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