AU FIL DES HOMELIES

Photos

UN SEUL ET MÊME MYSTÈRE

Ac 3, 11-26 ; Lc 24, 35-48

Jeudi de la première semaine de Pâques – A

(27 mars 2008)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

F

rères et sœurs, les textes de la liturgie sont d'une très grande richesse, et il y aurait beaucoup de choses à dire tant sur le passage des Actes que sur l'évangile de Luc. Je voudrais m'en tenir à un seul point. Nous avons l'habitude, parce que la liturgie nous le présente ainsi à la suite des Actes des apôtres, de situer le retour du Christ auprès du Père, ce qu'on appelle l'Ascension, quarante jours après Pâques, et cinquante jours après la Pentecôte, c'est-à-dire la venue de l'Esprit.

Si nous lisons attentivement les textes, nous verrons que dans l'évangile de saint Jean, c'est le jour même de la résurrection que Jésus apparaissant à Marie-Madeleine lui dit : "Je monte vers mon Père et vote Père". C'est toujours ce même jour que Jésus apparaissant à ses disciples, souffle sur eux en leur disant comme nous venons de le chanter : "Recevez l'Esprit Saint". Pour saint Jean, l'Ascension et la Pentecôte ne sont pas séparables du mystère même de Pâques.

Je voudrais vous faire remarquer que saint Luc qui est tout à la fois l'auteur du troisième évangile et celui des Actes des apôtres, si dans les Actes, il semble détailler les événements en situant l'Ascension quarante jours après et la Pentecôte cinquante jours après Pâques, dans son évangile, il présente les choses de la même manière que saint Jean comme si l'Ascension et la Pentecôte, et c'est bien cela la vérité, faisaient partie intégrante du mystère même de la résurrection du Christ. Qu'est-ce que le retour du Christ auprès du Père sinon son départ de ce monde, sinon le fait que Jésus avec l'humanité qu'Il a prise dans le sein de la Vierge Marie, retourne au sein de la Trinité pour y rayonner sur la création nouvelle. Qu'est-ce que la Pentecôte, sinon le fait que le Christ ressuscité, transfiguré, divinisé dans sa chair, devient source de l'Esprit pour l'humanité et la création tout entière.

Si nous faisons attention à ce que nous dit saint Luc, nous aurions entendu hier qu'au moment de parler de l'apparition de Jésus aux disciples d'Emmaüs, saint Luc dit : "Ce même jour, deux disciples faisaient route vers un village du nom d'Emmaüs". C'est toujours le jour de la résurrection, et le jour même quand Jésus s'est manifesté à eux par la fraction du pain, ce même jour, immédiatement, les disciples d'Emmaüs rentrent à Jérusalem pour dire aux apôtres, nous l'avons reconnu à la fraction du pain.

C'est sans attendre que Jésus se tient au milieu des disciples et leur dit : "La paix soit avec vous", nous venons de l'entendre aujourd'hui. C'est sans interruption non plus que Jésus les emmène vers Béthanie et qu'Il se sépare d'eux pour être emporté au ciel. Comme saint Jean, saint Luc dans son évangile nous présente bien l'Ascension comme étant l'accomplissement de la résurrection même du Christ, manifestation que le Christ ressuscité dans son humanité est auprès du Père jusqu'à la fin des siècles.

Il en va de même d'une manière un peu plus subtile en ce qui concerne le Saint Esprit, le don de l'Esprit. Le don de l'Esprit dans toutes les liturgies est précédé par une prière où nous demandons à Dieu d'envoyer l'Esprit. On appelle cela une épiclèse. Vous remarquerez qu'à l'eucharistie, juste avant la consécration, nous demandons à Dieu d'envoyer l'Esprit dans le pain et le vin pour qu'ils deviennent le Corps et le Sang du Christ. L'épiclèse c'est donc un appel lancé à Dieu pour qu'Il donne l'Esprit. Dans toutes les liturgies, cette prière de demande de l'Esprit est accompagné d'un geste de l'imposition des mains. Un certain nombre de commentateurs font remarquer que dans le texte de saint Luc que nous avons entendu il nous est dit : "Jésus emmena les disciples jusque vers Béthanie, et élevant les mains, Il les bénit", exactement comme si le Christ au moment de se séparer de ses disciples, élevait les mains, leur imposait les mains pour demander que l'Esprit leur soit donné. "Et tandis qu'Il les bénissait, Il se sépara d'eux et Il fut emporté au ciel". Dans la phrase précédente, Jésus leur avait dit : "Je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis", (il s'agit de la promesse de l'Esprit), demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la puissance d'en-haut", c'est-à-dire de l'Esprit Saint.

Si nous suivons ces textes, nous voyons que c'est un unique mystère qui est tout à la fois celui de la résurrection du Christ, celui de la glorification de l'humanité du Christ auprès du Père, et celui aussi du don de l'Esprit répandu dans nos cœurs pour que nous devenions l'Église, c'est-à-dire le Corps du Christ, pour que nous devenions la présence du Christ continué sur la terre.

 

 

AMEN

 

 

 
Copyright © 2019 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public