AU FIL DES HOMELIES

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LES REPAS DU CHRIST RESSUSCITÉ

Ac 3, 11-26 ; Lc 24, 35-48

Jeudi de la première semaine de Pâques – A

(28 avril 2011)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

Emmaüs

F

rères et sœurs, hier, nous lisions le repas de Jésus avec les disciples d’Emmaüs, et aujourd’hui, un nouveau repas que Jésus prend devant les apôtres. Ces deux textes sont les joyaux et les textes essentiels de la période qui se situe après la résurrection selon l’évangile de saint Luc. Il me semble qu’il y a deux thèmes qui reviennent de façon intensive dans ces deux pages d’évangile que saint Luc nous a légué.

Le premier de ces thèmes c’est la Parole, les Écritures. Avec les disciples d’Emmaüs sur le chemin, Jésus parle, et devant le désespoir et le découragement des disciples, il leur explique pourquoi il fallait qu’il souffrit, qu’il fut mis au tombeau, qu’il descendit aux Enfers, pour ressusciter le troisième jour. Et malgré le fait que leur cœur soit tout brûlant en eux-mêmes, en entendant ces paroles, les disciples ne comprennent pas que c’est Jésus ressuscité qui parle avec eux. Il y a donc une nécessité de passer par les Écritures, de passer par le témoignage de l’Ancien Testament pour accéder à la résurrection du Christ. C’est ce qui est manifesté dans la page que nous venons de lire. Jésus leur ouvre le cœur à l’intelligence des Écritures, et il leur explique qu’il ne pouvait pas arriver à la résurrection, s’il n’était pas d’abord passé comme les Écritures l’ont annoncé, par la mort et la croix. C’est donc le même thème que nous retrouvons à Emmaüs et ici à Jérusalem, Jésus est le fruit des Écritures, la révélation de Dieu tout au long de la Bible prépare le mystère de la Pâque du Christ.

Le deuxième thème qui garde l’attention et l’intérêt de saint Luc dans ces différentes pages, c’est celui du repas pris avec Jésus. Les disciples d’Emmaüs font route avec Jésus, et ils s’arrêtent le soir à l’auberge pour manger et ils invitent Jésus à y venir avec eux. Jésus va donc prendre un repas en leur compagnie, mais il va attirer ce repas à l’intérieur du mystère pour le faire grandir car il refait le geste de la fraction du pain et de la bénédiction et à ce moment-là, les yeux des disciples s’ouvrent et ils le reconnaissent, mais il a disparu. Sa présence sacramentelle dans le pain et le vin suffit et elle tient lieu de sa présence physique devenue impossible puisque Jésus n’appartient plus à ce monde.

Il y a donc là un lien extrêmement étroit entre la résurrection de Jésus et ces repas que le Christ a pris avec ses disciples, ces repas qui ont culminé dans la bénédiction et la fraction du pain qui devient le corps du Christ. Quand il apparaît à Jérusalem aux disciples, de la même manière pour affirmer la réalité de sa chair, pour affirmer qu’il n’est pas un fantôme, qu’il n’est pas un esprit qui a seulement une apparence humaine, mais qu’il est vraiment le Christ, il leur dit : « C’est vraiment moi, touchez mes mains, touchez mes pieds, touchez mes plaies ». Et pour conforter leur foi parce qu’ils hésitent encore à croire, il leur demande quelque chose à manger, et Jésus qui fait pourtant partie du monde de l’au-delà et de la résurrection, mange avec eux ce morceau de poisson grillé qu’ils lui ont donné. A ce moment-là leurs yeux s’ouvrent et ils comprennent que c’est bien Jésus lui-même, vivant à travers la mort, c’est bien Jésus qui est là, présent et qui se donne en nourriture à eux.

Que ces passages d’évangiles de saint Luc qui sont parmi les plus beaux de toute la Bible, nous invitent à vivre déjà avec le Christ ressuscité, à la fois par la méditation de ses paroles, et de toutes les paroles de l’Écriture, et en même temps par le partage du pain qui est devenu son corps et du vin qui est devenu son sang en préparation de notre propre résurrection.

 

AMEN

 

 

 

 
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