AU FIL DES HOMELIES

Photos

NE CRAIGNEZ RIEN !

Ac 2, 14+22-36 ; Mt 28, 1-10

Lundi de Pâques – C

(7 avril 1980)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

N

 

e craignez rien. Je sais bien que vous cherchez Jésus le Nazaréen, mais il n'est plus ici". Dans tous les récits de la résurrection, il y a tout de même quelque chose de surprenant, deux vérités qui ne sont pas si faciles à croire ou du moins à tenir ensemble au premier abord.

La première chose c'est que le Christ est ressuscité pour nous. La deuxième c'est que nous sommes les derniers à le savoir. En effet, ce que nous chantons et ce que nous célébrons le samedi saint, c'est la visite du Christ aux enfers. C'est le Christ qui va annoncer dans tout le monde passé, dans tout le monde ancien, qui va annoncer la nouvelle de l'évangile de sa résurrection. Et puis, les premiers instants de la résurrection du Christ, ce sont pour ainsi dire les anges qui en sont les témoins. C'est le monde angélique qui descend sur le bord du tombeau, qui roule la pierre et qui assiste, qui est témoin de la résurrection du Christ dans la chair et c'est pourquoi saint Paul nous dira que "les anges se penchent avec convoitise sur ce si grand mystère qui était caché depuis la fondation du monde". Et quand les morts le savent, tous les enfers, et quand tous les anges le savent, il ne reste plus qu'une catégorie de gens qui ne le savent pas, ce sont les vivants. Et pourquoi cela ?

Et bien, parce qu'il n'y a qu'une seule manière de le savoir. Pour les morts, ils ne pouvaient savoir que le Christ était ressuscité, que parce qu'il venait les arracher à la mort. Pour les anges, ils ne pouvaient apprendre que Jésus était ressuscité que parce que, dans leur amour de frères pour les hommes, ils s'émerveillaient et ils contemplaient la plénitude du mystère. Mais pour nous ? Quand nous relisons cet évangile nous comprenons ce qui se passe. L'ange dit aux femmes : "Il n'est plus ici il n'est plus là où vous croyez qu'il est. Mais courez vite annoncer aux disciples qu'il vous précède en Galilée." Et c'est au moment où les saintes femmes, sur la parole de l'ange, se mettent à courir pour proclamer la résurrection, qu'à ce moment-là le Christ leur apparaît ressuscité, en reprenant les mêmes paroles : "Ne craignez pas".

Autrement dit, pour croire, pour connaître le Christ ressuscité, il faut, il faut courir l'annoncer. C'est comme ça. C'est une situation assez paradoxale, c'est la foi. Nous croyons que le Christ est ressuscité et nous courons l'annoncer, et l'Église court à travers le monde depuis le temps des apôtres annoncer la Bonne Nouvelle de la résurrection, et plus elle part dans le monde annoncer cette nouvelle de la résurrection, plus elle rencontre son Seigneur. Pour les autres, pour les morts, pour les anges, c'est la rencontre du Seigneur ressuscité qui leur a donné la vision de la résurrection. Pour nous, c'est le fait de chercher le Seigneur ressuscité qui fait qu'il vient à notre rencontre et qu'il nous dit de ne pas nous effrayer.

En ce temps de Pâques, sachons que si nous voulons trouver le Seigneur ressuscité, il faut nous mettre à sa recherche. Et nous mettre à sa recherche, c'est d'abord annoncer et proclamer par toute notre vie cette joie de savoir qu'il est apparu aux apôtres, de savoir qu'il nous a précédés dans la mort, qu'il nous attend dans la vie et qu'il n'a qu'un désir de nous voir courir vers Lui, dans l'action de grâces et dans la joie de sa Pâque.

 

AMEN

 
Copyright © 2019 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public