AU FIL DES HOMELIES

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QUI NOUS ROULERA LA PIERRE ?

Ac 2, 14+22-36 ; Mc 16, 1-8

Lundi de la première semaine de Pâques – A

(23 avril 1984)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

Le tombeau vide

E

 

lles se disaient entre elles : Qui nous roulera la pierre pour dégager la porte du tombeau?" Cette question de Marie de Magdala, de Marie mère de Jacques et de Salomé n'est pas simplement une question pratique pour savoir comment elles vont pouvoir accomplir et parfaire le soin du corps du Seigneur entrepris le soir de sa mort, lors de sa mise au tombeau. Cette question c'est véritablement la question de tout homme qui, d'une manière ou d'une autre, a entendu parler de Jésus.

"Qui nous roulera la pierre ?" c'est-à-dire : Qui nous rouvrira l'accès à la présence de Celui qui était parmi nous ? En effet, pour les femmes qui s'en vont vers le tombeau, la question qui est dans leur cœur, et qui n'est pas simplement une question, car c'est tout leur être qui est en jeu, c'est que ce Jésus en qui elles avaient cru, la mort l'a ravi à leurs regards et a rompu tous les liens d'amitié, de confiance qui s'étaient tissés entre Jésus, ses auditeurs et ceux qui Le suivaient. Et quand elles s'en vont vers le tombeau c'est comme si elles se demandaient : "Mais qui va pouvoir nous réintroduire dans un rapport vrai à Dieu ? Qui va pouvoir nous faire véritablement découvrir ce que nous avons commencé à pressentir ? Qui va pouvoir nous faire reconnaître véritablement que Jésus a accompli sa mission parmi nous ?"

Je crois que la réponse est dans l'évangile lui-même, lorsque, précisément, en arrivant au tombeau, elles voient que la pierre a déjà été roulée. A partir du moment où le Christ est ressuscité d'entre les morts, ce n'est plus nous qui sommes libres d'avoir accès au Christ, mais c'est la puissance même de la Résurrection du Christ qui rayonnant sur nous et en nous, nous ouvre l'accès à sa résurrection. De toute façon, le Christ nous précède. Il nous précède en Galilée, mais Il nous précède aussi dans cet acte de rouler la pierre pour ouvrir un accès que nous n'attendions pas. C'est tout le mystère de la présence du Christ Ressuscité en notre propre vie qui est évoquée là. Si nous croyons simplement que c'est nous qui, par une décision purement arbitraire, pouvons décider de reconnaître si oui ou non le Christ est ressuscité, alors nous n'avons pas encore atteint l'ultime du témoignage de la foi et de la résurrection Car nous ne sommes pas croyants parce que nous nous engendrerions nous-mêmes à la foi mais nous sommes croyants parce que le Christ Ressuscité nous engendre Lui-même au mystère de sa Résurrection.

C'est Lui qui, par un ange fait ouvrir le tombeau. C'est Lui qui, par un ange, nous révèle que désormais l'accès au mystère du Christ comme Messie, comme Celui qui a accompli véritablement toutes les promesses d'Israël, nous est enfin ouvert et révélé. Que ce temps de la semaine pascale dans lequel nous sommes maintenant nous aide à bien comprendre la véritable dimension de notre foi pascale. Si nous croyons au Christ ressuscité, ce n'est pas tout à fait de notre faute. C'est parce que, heureusement, la pierre a été roulée. Le témoignage de la Résurrection nous est fondamentalement donné : ce n'est pas nous qui le construisons, mais nous le recevons. Puissions-nous, nous-mêmes, au moment où nous nous avançons dans notre vie, à travers notre mort progressive, vers le mystère de notre propre résurrection, puissions-nous savoir que nous n'avons pas pour mission de lever la pierre qui est sur notre cœur, mais de laisser le Christ rouler cette pierre pour que, entrant dans son tombeau, avec Lui et en Lui, nous entrions aussi dans la vie.

 

AMEN

 
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