AU FIL DES HOMELIES

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IL EST RESSUSCITÉ

Ac 2, 14+22-36 ; Mt 28, 1-10

Lundi de la première semaine de Pâques – C

(5 avril 2010)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

Mozac : les femmes au tombeau

 

F

rères et sœurs, les textes de la liturgie aujourd'hui nous proposent d'une part l'apparition de Jésus aux saintes femmes revenues du tombeau et qui ont trouvé le tombeau vide, et d'autre part, la deuxième partie du discours de Pierre le jour de la Pentecôte où il annonce la résurrection du Christ. Nous avons écouté la première partie de ce discours hier, aujourd'hui, c'est la suite que nous entendons.

Or, il se trouve que ce texte tout à fait antique et primitif est une magnifique catéchèse de la résurrection, la résurrection du Christ et la nôtre. Et pour attester ce mystère de la résurrection du Christ, de sa résurrection corporelle, Pierre cite le psaume 15 que nous venons de chanter tout à l'heure et qui nous dit ceci : "Je voyais sans cesse le Seigneur devant moi car il est à ma droite pour que je ne chancelle pas. Aussi mon cœur s'est réjoui et ma langue a-t-elle jubilé, ma chair elle-même repose dans la paix, car tu n'abandonnes pas mon âme à l'Hadès, tu ne laisses pas ton ami voir la corruption. Tu m'as fait connaître les chemins de la vie, tu me rempliras de joie en ta présence."

Ce psaume qui est très ancien est probablement le premier texte qui nous laisse entrevoir le mystère de la résurrection. Pour comprendre rapidement cela, il faut savoir que les sémites, les juifs en particulier, ne pensent pas comme les grecs, que l'âme est immortelle et que le corps est simplement un fardeau qu'elle traîne après elle, et que par la mort elle est enfin débarrassée du corps et peut connaître directement le monde des esprits et des idées. Pour les sémites, l'âme et le corps sont étroitement liés. Leur expérience de la mort du corps, de sa corruption les entraînait à croire il n'y avait pas de vie après la mort, ou plus exactement que l'âme n'avait plus qu'une sorte de vie larvaire, ce qu'ils désignent par le mot : "Hadès". On traduit en général les enfers, non pas l'enfer où se trouve Satan, mais les enfers comme lieu où se trouvent tous les morts, on n'ose même pas dire de survie !

Justement le psalmiste fait cette découverte merveilleuse et très profonde, que sa relation d'amour avec Dieu est trop vraie et trop intense pour qu'elle puisse s'arrêter. Il voit sans cesse Dieu auprès de lui, et par conséquent, il ne croit pas qu'il soit possible que par la mort, son corps pourrisse, que son corps soir corrompu et que son âme soit envoyée dans ce lieu dont je parlais, parce qu'il ne peut pas vivre sans Dieu et Dieu ne peut pas vivre sans lui. "Mon cœur se réjouit, ma langue jubile parce que ma chair elle-même repose dans la paix. Et tu ne laisseras pas ton ami parce qu'il est ton ami, voir la corruption, tu me rempliras de joie par ta présence pour toujours".

Il est remarquable que cette première aperception de la résurrection de la chair qui permet à l'esprit de vivre en réalité, que cette première aperception ait pour motif l'amour, l'amitié, l'intensité de la présence entre Dieu et son ami, le psalmiste. Ce n'est pas par des raisonnements sur la nature humaine, sur la situation du corps et de l'âme, mais par l'élan de son cœur que le psalmiste découvre que Dieu ne peut pas l'abandonner à la mort, que Dieu a besoin, d'une certaine manière, que son ami soit en sa présence, et que Dieu besoin qu'il manifeste à son ami qu'il est la vie sans limites. Plus tard, les juifs notamment dans le livre des Maccabées parleront de façon explicite de la résurrection. Vous le savez du temps de Jésus les juifs étaient divisés : les pharisiens croyaient en la résurrection de la chair comme Jésus lui-même l'affirme, tandis que les grands-prêtres et les Sadducéens ne pensaient pas que cela soit possible parce qu'ils étaient trop conservateurs pour admettre des textes aussi récents que celui de ce psaume ou celui des Maccabées. Toujours est-il que cela prend racine, et saint Paul nous dira dans la première épître aux Corinthiens : "Si les hommes ne ressuscitent pas, le Christ non plus n'est pas ressuscité. Car la résurrection du Christ c'est la glorification de sa chair comme notre propre résurrection est un arrêt aux forces de corruption. Si le Christ n'est pas ressuscité, alors nous ne sommes pas sauvés, alors nous sommes toujours voués à la mort, alors la mort est plus forte que l'amour de Dieu, alors nous sommes les plus malheureux de tous les hommes".

Toute notre foi repose sur la résurrection, celle du Christ, prémices dira ailleurs saint Paul encore, prémices de notre propre résurrection. Que nous acceptions d'ouvrir notre cœur à cette promesse inouïe, que tout notre être, y compris notre corps, sera arraché à la mort, à la corruption pour vivre dan la présence de Dieu.

 

 

AMEN

 

 
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