AU FIL DES HOMELIES

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CHANGER NOTRE REGARD SUR LA RÉSURRECTION

Ac 2, 14+22-36 ; Lc 24, 1-12

Lundi de la première semaine de Pâques – A

(24 mars 2008)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

P

ourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? Il n'est pas ici, Il est ressuscité".

Frères et soeurs, souvent notre première attitude est de contempler dans le mystère de la Pâque le fait que le Christ est ressuscité. Les différents évangiles d'apparitions du Christ ressuscité que nous allons lire tout au long de cette octave pascale vont nous permettre de comprendre et de saisir que peu à peu le Christ se révèle, se manifeste comme celui qui était bien le crucifié comme l'annonce l'apôtre saint Pierre, et pourtant, Il est désormais ressuscité.

Oui, il est bel et bien ressuscité et c'est saint Pierre qui dit : "Il m'a fait connaître les chemins de la vie et je marcherai dans la joie en sa présence". Le principe de la résurrection, c'est de regarder que le Christ est vraiment vivant. C'est le cœur de la foi chrétienne. Nous confessons dans la profession de foi : Je crois en la résurrection du Christ. Mais il ne faut pas oublier que la résurrection du Christ n'est pas seulement pour elle-même. Certes, il est bienvenu que Jésus soit ressuscité, mais il est ressuscité pour nous; Autrement dit le problème même de cette résurrection, je dis problème car beaucoup de chrétiens à l'heure actuelle peuvent ou veulent bien croire que parce que Jésus est Dieu Il est ressuscité, mais ils ont en revanche une difficulté que nous-mêmes, personnellement, dans notre chair nous serons également ressuscités avec le Christ.

C'est d'abord faire défi à Dieu qui nous invite lui-même à ressusciter. Ce n'est pas notre désir ou notre volonté propre, ou notre idée personnelle de vouloir dire qu'il faut que nous soyons vivants, qu'il faut qu'un jour nous ressuscitions. C'est le désir de Dieu lui-même pour que nous soyons pleinement nous-mêmes avec notre corps, notre esprit, tout ce qui constitue notre vie concrète aujourd'hui, ce qui fait que nous sommes une personne unique. Et cette unicité de la personne elle est dite, manifestée et révélée dans le principe même de la résurrection de tout ce que nous sommes, y compris avec notre corps et grâce à notre corps pour être pleinement nous-mêmes.

Cela dit la résurrection à contempler n'est pas seulement le mystère du Christ ressuscité, ni l'espérance qu'un jour nous aussi, nous ressusciterons, mais c'est vivre du "déjà là" de cette résurrection. C'est pourquoi la vie sacramentelle, tout particulièrement par le baptême, par l'eucharistie et tous les autres sacrements, chacun en particulier étant là pour manifester, construire et nous donner de vivre en ressuscité, de pouvoir prendre avec le Christ ce chemin de la Vie et connaître la joie d'être dans la présence de Dieu. Or, les sacrements nous donnent cette présence de Dieu et on parle de présence réelle au sujet de l'eucharistie.

Ce principe de la résurrection est déjà en action dans notre existence par les signes vivants, puisque les sacrements viennent du Christ, ils sont des signes de Vie de la part de celui qui est à la source de toute vie. Le sacrement n'est pas un acte de magie ou de confort spirituel. Il est toujours une invitation à passer de la mort à la vie, puisque chaque sacrement est la célébration du mystère pascal, donc chaque sacrement induit en nous-mêmes ce principe même de la résurrection et du "comment" dans notre existence quotidienne nous passons de la mort à la vie.

Comme aux saintes femmes il nous est demandé par les messagers qui étaient au tombeau, ces deux hommes lumineux, certainement des anges, et qui nous disent à nous aujourd'hui : "Mais pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ?" C'est déjà cela vivre de la résurrection. Le chrétien doit transformer son regard. Il doit accepter une certaine conversion de ses mœurs, de ses actions, de la manière dont il pense et agit. En quoi aujourd'hui ne sommes-nous pas en train de regarder vers le sol comme ces saintes femmes, saisies d'effroi. C'est ce que nous dit le texte. Comment se fait-il qu'aujourd'hui nous soyons si peureux, si remplis de peur à l'égard du monde et que nous baissions la tête et que nous regardions vers le sol. C'est dommage puisque la vocation du chrétien c'est de chercher le Vivant et de ne pas chercher les morts.

Il nous faut donc regarder dans les signes de ce temps ce qui est déjà en train de se réaliser. Comment ce monde passe-t-il de la mort à la vie ? Comment ceux que nous côtoyons sont-ils déjà en train de passer de la mort à la vie ? Comment moi-même est-ce que je passe aujourd'hui de la mort à la vie ? Nous atteignons là l'ultime pointe du principe même de la résurrection : si le Christ est ressuscité pour nous, c'est pour qu'aujourd'hui justement, nous ressuscitions avec lui.

 

 

AMEN

 

 

 
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