AU FIL DES HOMELIES

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ANNONCER LA RÉSURRECTION

Ac 2, 14+22-36 ; Mt 28, 1-10

Lundi de Pâques – B

(9 avril 2012)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

Ange annonçant la Résurrection (Chartres)

C

elui que vous avez crucifié, Dieu l'a fait Seigneur et Christ, que toute la maison d'Israël le sache avec certitude".

Frères et sœurs, dans la recherche moderne, sur les origines de l'histoire de l'Église, une des questions les plus difficiles consiste à essayer de comprendre comment les apôtres ont eux-mêmes compris cet événement. Pour nous aujourd'hui, avec un certain recul, une formation, une cohérence de tout le message de l'Église apostolique, de la Tradition, de la dogmatique de l'Église, pour nous l'affirmation de la résurrection c'est l'affirmation centrale, celle que nous venons de fêter et que nous fêtons encore. Il est évident que le moment même où il a fallu réaliser ce qui s'était passé, c'est une chose, mais plus compliqué encore, comment on l'a dit. C'est bien de comprendre quelque chose, mais il faut quand même avoir les mots pour le dire. Nous sommes des êtres dont toute l'existence spirituelle est liée au langage, encore faut-il pouvoir le formuler.

Nous avons la chance à travers ce petit texte des Actes des apôtres, tel qu'il est rédigé par saint Luc, au chapitre deuxième, où Pierre fait sa première prédication au peuple (c'est le discours de la Pentecôte), nous avons là une des formulations les plus primitives de l'événement de la Résurrection. On dit simplement une chose : celui qui avait été au plus bas, Dieu l'a mis au plus haut. Cela peut paraître un tout petit peu imagé, spatio-temporel, mais c'est exactement l'intuition fondamentale première que les disciples ont eu de la résurrection. Nous, nous sommes plus sensibles à l'aspect de la vie qui a vaincu la mort, mais dans le contexte de l'Église primitive, ce que l'on voulait dire c'est que celui qui avait accompli sa mission comme on le dit dans d'autres passages des Actes, tout à coup avait été pour ainsi dire réduit à néant. Il avait été mis à mort (on citait le livre d'Isaïe), il avait été mis au rang des malfaiteurs et des scélérats, réduit à zéro et la résurrection, c'est le fait que ce juste qui avait annoncé le Royaume de Dieu, qui avait au service de la mission que Dieu lui avait confiée, cet homme était ressuscité. C'est-à-dire que Dieu lui a rendu justice, Dieu a fait que désormais sa mission s'accomplisse envers et contre tout ce que les hommes avaient pu faire pour s'y opposer par leur péché et leur désobéissance.

C'est comme cela qu'a été perçue la première dimension de la résurrection comme victoire. La résurrection est une victoire parce qu'elle est la victoire de celui qui avait subi tous les coups pour le réduire à rien, qui était déclaré vaincu, qui avait été l'objet d'une coalition entre les autorités de Jérusalem et le gouverneur romain et dont on pouvait croire qu'on n'en parlerait plus, que c'était bel et bien fini ! Et en réalité, la seule intervention possible c'est l'intervention divine. La résurrection est la proclamation que celui qui, du point de vue de l'histoire humaine, du point de vue des événements qui s'étaient déroulés, a été comme "justifié par Dieu", pour pouvoir accomplir et continuer sa mission. C'est pour cela que les apôtres se sont sentis investis de cette même mission. A partir du moment où ils sont les seuls témoins de cet acte de Dieu qui a fait passer celui qui a été plongé dans la mort à la suprématie du Sauveur et du Seigneur, du Maître, on ne peut pas taire cela.

C'est toute l'origine de la prédication chrétienne. Il y a un lien très étroit, intime entre la reconnaissance par la communauté des douze et des disciples au sens le plus large du terme, de la puissance du Christ ressuscité, exalté par le Père, justifié dans sa mission qu'il devait accomplir, et ensuite le fait pour les disciples de s'en sentir investis et de savoir qu'ils ont la responsabilité de porter l'annonce de cette victoire jusqu'aux extrémités du monde. C'est depuis ce jour-là que l'annonce de la résurrection n'a pas pu s'arrêter. C'est le mystère même de cette continuation radicale, enracinée dans l'événement même de la résurrection par l'annonce de l'évangile, par la vie de l'Église, parce que nous sommes tous des témoins du ressuscité, et cette continuation se poursuit à travers l'histoire.

Frères et sœurs, que ce temps pascal nous aide à mieux rentrer dans notre mission de baptisés que nous avons tous reçu.

 

AMEN

 

 

 

 

 

 

 
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