AU FIL DES HOMELIES

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JE SUIS AVEC VOUS POUR TOUJOURS

Ac 13, 16+26-37 ; Mt 28, 16-20

Samedi de Pâques – B

(26 avril 2003)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

E

t moi, je suis avec vous jusqu'à la fin du monde". Parole peut-être consolante et rassu­rante que celle de Jésus, du Christ Seigneur qui nous dit et nous affirme qu'il est avec nous, Il nous dit sa présence. C'est bien d'ailleurs ce qui a porté notre méditation jusqu'à présent dans ce temps de Pâques, tout particulièrement de cette octave, où nous avons lu comment Jésus est présent. Cela a pu se faire sur ce mode d'absence-présence : absence du tombeau, Il n'est plus là, et l'autre mode de présence que l'on peut voir à travers la figure du jardinier, ou à travers Celui qui invite au repas au bord du lac. Mais cela apparaît encore peut-être pour les disciples comme des modes de présence du Christ ponctuelles.

Dans cette finale de l'évangile de Matthieu, il ne s'agit pas d'un instant donné, à un moment ou l'au­tre, "je serai là", mais "je suis là". "Je suis pour tou­jours avec vous jusqu'à la fin du monde". Nous avons à considérer que désormais le vrai visage de la Résur­rection, c'est celui de redécouvrir aujourd'hui cette actualité de la Parole de Dieu qui est réellement pré­sence, et efficacement présence de sa vie, de son amour et de sa grâce. Nous avons tendance à vivre les choses de manière chronologique, qu'elles en devien­nent séquentielles, voire séparées, il y a avant le Christ, l'évangile, puis le temps de l'Église, il y a avant tel ou tel événement de notre vie, et puis après. Lorsque Jésus dit : "Je suis avec vous pour toujours jusqu'à la fin du monde", Il a commencé en disant : "Tout pouvoir m'a été donné sur terre comme au ciel". C'est un peu comme ces images des tympans de nos cathédrales où le Christ récapitule tout, le ciel et la terre, c'est-à-dire tout l'espace, comme ceux qui sont déjà avec Lui, auprès de Lui, comme ceux qui se sont déjà éloignés de Lui et que l'on représente en bas, à gauche du Christ, mais aussi, pas seulement l'es­pace, mais aussi tout le temps. Le temps est avec Lui. Il est, comme le dit une de nos préfaces liturgiques, le maître du temps et de l'histoire, Il est le maître de notre temps et de notre histoire parce qu'il est présent.

Cela dit, comment vivons-nous cette présence de Dieu aujourd'hui ? Comment entrons-nous de plain-pied dans cette promesse et cette Parole du Christ ? Peut-être faut-il nous rappeler justement qu'il n'y a pas séparation dans la manière dont nous devons vivre la présence de Jésus au quotidien. Quand nous avons une vie chrétienne bien organisée, nous avons nos offices, Dieu est présent dans nos offices. Puis, si nous sommes un peu plus spirituels, nous avons nos temps d'oraison, Dieu est présent dans nos temps d'oraison, et nous le prions. Et après on fait ce que l'on peut, avec notre quotidien, parfois, on pense un peu à Dieu : ah ! Il doit être présent … C'est faux. Dieu est présent à chacun de nos instants. Et ensuite, ce temps est qualifié, ce temps devient alors tel ou tel visage de présence de Dieu. C'est si vrai qu'avant d'affirmer : "Je suis présent pour toujours jusqu'à la fin du monde", Jésus dit deux choses essentielles : "Allez, de toutes les nations, faites des disciples". Plus de temps, plus d'espace, c'est l'universalité, c'est pour tous et cela transcende toute notre géographie. Et deuxième chose : "Baptisez-les au nom du Père, du Fils et du saint Esprit". Dans des actes, des actions même, Il est là présent. Autant dire que quand je pense à la présence de Dieu, par exemple à la mission, à l'évangélisation, je ne dois pas tant me dire : je connais quelque chose de Dieu, j'ai vécu quelque chose de Dieu, je porte quelque chose de Dieu, donc maintenant, je prends ma petite sacoche, j'y vais et j'annonce Jésus-Christ. Mais en fait, la présence de Dieu, elle est dans l'annonce même. C'est au moment où le disciple existe et commence à vivre, c'est au moment même où le message est dit que la présence est là. Elle n'est pas d'abord le fruit d'une présence que j'ai, que je garde et que je transmets, elle est le fait, comme pour le chemin d'Emmaüs, qu'en chemin, et parce qu'il y a le chemin, et parce que j'avance, c'est Jésus qui est là, qui est présent. Ce qui est vrai pour la mission est à plus forte raison vrai pour la célébration des sacrements, "baptisez-les au nom du Père, du Fils et du saint Esprit", et le "pour toujours" est inscrit dans cette vie-là, dans notre vie. A ce mo­ment-là, le temps, notre temps s'ouvre à l'éternité parce que notre temps s'ouvre à la présence de Jésus.

 

 

AMEN

 

 
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