AU FIL DES HOMELIES

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DANS LA DOUCEUR ET LA SIMPLICITÉ D'UNE PRÉSENCE

Ac 8, 26-39 ; Jn 21, 1-14

Vendredi de la semaine de Pâques – C

(16 avril 2004)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

T

out au long de cette octave de Pâques, nous lisons donc les textes concernant la Résurrec­tion du Christ, ses diverses apparitions. On voit pour celle que nous venons d'entendre, l'apôtre Jean dit que c'est la troisième fois que le Christ appa­rut à ses disciples. Nous avons déjà entendu l'appari­tion à Marie-Madeleine, aux femmes, les apparitions aux disciples d'Emmaüs. Il y a une chose qui me frappe plus particulièrement dans ces récits d'appari­tion, c'est la douceur et la simplicité de la Résurrec­tion. Peut-être n'y faisons-nous pas très attention, il n'y a rien de magnifique, il n'y a rien d'extraordinaire, il n'y a rien de fantasmatique dans ces apparitions. Elles touchent simplement l'existence de deux hommes qui s'en vont tristes sur la route, de femmes tout aussi tristes qui vont vers un tombeau faire les gestes tout à fait normaux de l'ensevelissement, l'embaumement, cela touche le travail quotidien de Pierre, qui va continuer à pêcher avec ses quelques disciples et amis. Et Jésus ne bouscule rien, Il ne transforme rien, il n'y a pas de magie dans ces récits d'apparition. Il y eut un matin, Pierre a certainement déjà vu se lever de nombreux matins sur sa vie. Il y a une voix presque familière : "Jetez le filet à droite". Un conseil d'ami. Il y a simplement un peu de braises qui brûlent et du poisson et du pain dessus, un simple repas qui s'organise entre quelques amis.

La Résurrection, ce n'est rien de plus. Sauf que désormais, une certaine vie, une certaine manière de vivre cette vie, et un certain regard transforment l'épaisseur des ténèbres quotidiennes. La liturgie chrétienne est presque paradoxale, parce que dans la Pâque du Seigneur, ce qu'il y a de plus violent, ce qu'il y a de plus dramatique, là même où le Fils de l'Homme pousse des cris, c'est dans la Passion, dans le sacrifice de la croix. Et le vendredi-saint, nous a fait célébrer avec une extrême douceur, ce qui, para­doxalement, est le sommet de la violence. En revan­che, dans une débauche de lumières, d'eau, de fleurs et de chants, elle nous fait célébrer ce qui est certai­nement le plus simple, le plus doux, le plus effacé, ce mystère de la vie et de la présence d'un Dieu qui ha­bite au jour le jour, notre existence.

Mais peut-être parce que tout simplement, le paradoxe ou l'inverse révèlent parfois avec plus de sens et de regard aigu, ce qui en est le contraire, un peu comme la nuit apparaîtra très fraîche après une très grosse journée de chaleur. Mais n'oublions pas que désormais cette beauté de la fête de la Résurrec­tion, c'est la beauté d'une transfiguration de tout notre être et de toute notre existence, et que c'est dans cette simplicité et la douceur de la présence de Jésus avec nous, que peu à peu, dans notre quotidien, le miroite­ment de l'eau prend une luminosité qu'on ne lui connaissait pas, que le rivage de nos existences prend désormais une couleur qu'on ne pouvait même plus imaginer, que le simple repas des hommes prend une saveur insoupçonnée.

 

AMEN

 

 

 
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